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Génie civil l’état de l’art

Des travaux publics au bâtiment, le génie civil couvre un large spectre, dont la conception, la réalisation, l’exploitation et la réhabilitation d’ouvrages, de constructions et d’infrastructures. Des métiers indispensables à l’aménagement du territoire…


Promouvoir l’ingénierie française à l’international et valoriser l’image du génie civil auprès des jeunes

PAR BRUNO GODART, PRÉSIDENT DE L’AFGC

BRUNO GODARTL’Association française de génie civil AFGC est une société savante qui a pour objet de promouvoir le progrès dans les matériaux et les structures en France et à l’étranger. Elle résulte de la fusion de plusieurs associations dont la plus ancienne, l’Association française des ponts et charpentes, a été fondée en 1934.

L’AFGC est aujourd’hui la représentante en France de trois associations internationales : l’AIPC (Association internationale des ponts et charpentes), la RILEM (Réunion internationale des laboratoires et experts des matériaux, systèmes de construction et ouvrages) et la FIB (Fédération internationale du béton). Elle entretient également des relations privilégiées avec l’ACI (American concrete institute). L’AFGC constitue ainsi un relais entre le génie civil français et la communauté scientifique internationale. Elle constitue de même un lien pour les ingénieurs et chercheurs français travaillant à l’étranger, en leur permettant de conserver le contact avec les techniques françaises. Son ambition est de promouvoir l’ingénierie française à l’international.

 

« Notre souhait : renforcer la présence des ingénieurs territoriaux au sein de notre association afin de mieux prendre en compte les besoins des territoires. »

 

Lieu privilégié de rencontres et d’échanges entre tous les acteurs du génie civil (ingénieurs ou techniciens, architectes, enseignants ou étudiants), qu’ils soient donneurs d’ordres, concepteurs, réalisateurs ou chercheurs, l’Association française de génie civil a pour objectif de rapprocher l’univers des matériaux de celui des structures, mais aussi le monde de l’enseignement et de la recherche de celui de la conception, de la réalisation et de la maintenance afin de valoriser l’image du génie civil auprès des jeunes.

Viaduc de MillauL’association est structurée autour de trois comités fonctionnels : le comité des affaires scientifiques et techniques présidé par Thierry Kretz, le comité des affaires générales présidé par Patrick Guiraud, et le comité des affaires internationales présidé par Michel Moussard, et huit délégations régionales. Jacques Resplendino nous présente l’activité d’une de ses délégations.

L’activité phare de l’AFGC est la tenue de ses Journées scientifiques et techniques qui se tiennent tous les deux ans à l’ESTP de Cachan. C’est l’occasion de débattre sur un thème d’actualité et de faire part des avancées dans de nombreux secteurs du génie civil. L’AFGC collabore également avec d’autres associations françaises, notamment avec l’association Le Pont présidée par Christian Tridon qui organise chaque année à Toulouse le Colloque Le Pont sur la maintenance des ouvrages de génie civil et dont l’AFGC pilote le programme scientifique.

Depuis une dizaine d’années, le nombre d’adhérents est en progression constante, puisque nous sommes passés de 850 membres en 2006 à presque 1 300 membres aujourd’hui, dont une centaine de membres collectifs. Ses membres proviennent de multiples horizons et nous souhaiterions renforcer au sein de notre association la présence des ingénieurs en place dans les collectivités territoriales afin de mieux prendre en compte les besoins des territoires.

 

Vicat

 


Valoriser nos métiers et montrer l’excellence française du génie civil Entretien avec Patrick Guiraud, Président du Comité des Affaires Générales de L’AFGC

Patrick Guiraud
Patrick Guiraud, en mars 2015, lors d’une journée technique de l’AFGC. (GC 2015)

Quelles sont les principales prérogatives du comité des affaires générales de l’AFGC ?

Le principal objectif du comité des affaires générales de l’AFGC est de diffuser la connaissance ayant trait au génie civil. Pour cela, notre activité consiste essentiellement à organiser des conférences, des congrès, des débats et des visites de chantier et à publier les documents techniques élaborés par les groupes de travail du CST. Informations que nous publions ensuite sur le site de l’association. Les membres du CAG sont des membres de l’AFGC, élus par les adhérents lors de l’assemblée générale. Nous organisons également des voyages techniques pour les adhérents, par exemple à la Réunion et au Maroc ou bien en Corse également pendant plusieurs jours, mais aussi sur la liaison LGV Poitiers-Bordeaux et le contournement Nîmes Montpellier. Le principe de ces voyages est d’offrir des conférences techniques avec les concepteurs ou les entreprises en charge de la réalisation du projet. Ces conférences sont suivies de visites des chantiers.

Ces conférences donnent-elles ensuite lieu à des publications ?

En général, les exposés présentés lors de ces journées ou de ces voyages sont publiés sur le site de l’AFGC. Ils sont pour un temps accessibles uniquement aux adhérents puis rendus ensuite publics au bout de six mois ou un an. Notre ambition est de diffuser la connaissance à tous les acteurs du génie civil, même si nous privilégions en priorité nos adhérents. Nous participons aussi tous les ans à l’organisation du colloque Le Pont, en élaborant le programme scientifique en collaboration avec l’association Le Pont. C’est un événement annuel qui rassemble environ deux cent cinquante professionnels mais aussi deux cents étudiants. Notre objectif est de faciliter l’accès à ces conférences à des étudiants afin de favoriser les échanges entre ces derniers et le monde professionnel.

Quelles sont justement vos cibles ?

Ce sont tout d’abord les adhérents de l’AFGC, dans tous les secteurs de la construction que ce soit les maîtres d’ouvrage, les maîtres d’oeuvre, les architectes, les entreprises, les chercheurs, les industriels. Et les futurs acteurs que sont les étudiants ! C’est pourquoi, chaque fois que nous organisons un événement, nous diffusons l’information le plus possible auprès du monde universitaire et plus largement de l’Éducation nationale.

 

« Jamais les jeunes n’ont été aussi attirés par les métiers du génie civil.»

Angers
Pont sur la Maine à Angers

Combien de manifestations sont-elles organisées annuellement par le CAG ?

Le CAG n’est pas seul organisateur, il travaille avec les huit délégations régionales. Si on dresse un bilan global, en enlevant les périodes de vacances scolaires, cela représente une manifestation par semaine, soit environ une trentaine de journées. Certaines sont organisées par le CAG à l’échelon national, les autres sont mises en place par les délégations régionales.

Ce public est-il réceptif à vos messages ? Les métiers du génie civil sont-ils attractifs ?

Il n’y a jamais eu autant de jeunes qui veulent s’investir dans le génie civil. Les écoles se sont d’ailleurs développées. Ce que nous essayons de faire en permanence, c’est de valoriser les métiers et montrer l’excellence française dans le domaine du génie civil. Une tradition très forte, dans le domaine du béton comme de l’acier, ouvre sur la modernité. Les innovations et les nouvelles technologies sont aussi très attractives. Une chose me frappe également : les jeunes sont de plus en plus attirés par la perspective de trouver un emploi local et de participer à l’aménagement de leur région. C’est une fierté pour eux d’avoir participé à la réalisation d’ouvrages sur leur lieu de vie.

 

Greisch Socotec

 

 


Les règles de l’art Entretien avec Thierry Kretz, Président du CST de L’AFGC

Le Comité scientifique et technique (CST) de l’AFGC, est chargé de faire le point de l’état de l’art sur les thèmes majeurs du génie civil.

béton précontraint
La pérennité du béton précontraint, Éditeur : les Presses des Ponts

Quelles sont les prérogatives du comité scientifique et technique de l’AFGC et comment est-il composé ?

Le Comité scientifique et technique (CST) de l’AFGC est chargé de la vie scientifique de l’association. Il est composé de vingt membres, élus par l’assemblée générale pour une durée de quatre ans après appel à candidatures, répartis en quatre collèges : enseignement/recherche, entreprises, industrie des matériaux, maîtrise d’oeuvre/maîtrise d’ouvrage. Le CST répond à sa mission par deux types d’actions : premièrement l’établissement de documents faisant le point de l’état de l’art sur des thèmes majeurs du génie civil ou facilitant la mise en oeuvre des dernières innovations. Ces documents font autorité, au niveau national et international, et les principaux sont disponibles en anglais. Secondement, l’organisation de rencontres scientifiques régulières, sur des sujets variés d’actualité du génie civil.

Concrètement, comment fonctionne le comité ?

Pour établir des documents scientifiques de référence, le CST organise des groupes de travail rassemblant des experts, membres de l’association, autour des sujets sélectionnés pour leur importance et leur actualité. Chaque groupe précise la production finale visée et le programme de travail, qui se déroule sur une période de l’ordre de 3 ans. Il faut souligner que la participation active à un groupe est entièrement bénévole et vient donc s’ajouter à l’activité professionnelle des membres.

Quels types de documents sont produits in fine ?

Les derniers documents publiés illustrent le positionnement du CST, soit en amont de la normalisation sur des sujets émergents dont la dissémination sera facilitée par la production de règles de l’art, soit en accompagnement de la normalisation pour montrer des exemples de bonnes pratiques, soit en aval pour faire un état de l’art sur des techniques de référence. Voici quelques exemples du champ de nos publications récentes : en février 2013, nous avons édité le guide pour la conception des ouvrages d’art en bois, qui présente de nombreux exemples de ponts en bois, pour encourager leur développement en France. En juin 2013, la nouvelle version des Recommandations sur les « Bétons fibrés à ultra-hautes performances », qui sont les règles de l’art reconnues en France dans l’attente de la normalisation de ce nouveau matériau. En 2014, nous avons publié aux presses de l’ENPC, La pérennité du béton précontraint, une histoire et un état de l’art du béton précontraint, d’Eugène Freyssinet à nos jours. En juin 2015 enfin les Recommandations provisoires sur les renforcements parasismiques des structures en béton armé par matériaux composites.

 

« Les documents du CST font autorité, au niveau national et international. »

Comment se déroulent les rencontres scientifiques ?

Les groupes actuellement actifs préparent des recommandations pour la bonne utilisation des éléments finis en génie civil, des bases de données sur les indicateurs de durabilité des bétons et sur les bétons non conventionnels, une base de données (DIOGEN) sur les indicateurs d’impacts environnementaux et un éco-comparateur pour établir des analyses du cycle de vie (ACV) des ouvrages de génie civil. Les rencontres scientifiques organisées par le CST prennent la forme de fin d’après-midi « débat » (17h-19h) sur des sujets variés, de demi-journée ciblée en général en accompagnement de la publication d’un guide, et tous les deux ans des journées GC de l’AFGC, en appui au CAG de l’association. Ainsi le dernier débat, organisé le 5 novembre dernier, était consacré au fluage du béton vu de l’échelle nanoscopique à l’échelle structurelle, et la dernière demi-journée scientifique, le 25 juin dernier, aux renforcements parasismiques des structures en béton armé par matériaux composites, à l’occasion de la sortie du guide sur le sujet.

 

Civetea

 


Le fer de lance d’une nouvelle présence à l’international Rencontre avec Stéphane Abry

STÉPHANE ABRY
STÉPHANE ABRY

Longtemps absente de certaines zones géographiques, la société Eiffage opère un important redéploiement à l’international autour de sa branche Infrastructures. Stéphane Abry, directeur général en charge des projets internationaux est responsable de cette nouvelle politique.

Qu’est-ce que la branche Eiffage Infrastructures et quel rôle y jouez-vous ?

Récemment, Eiffage s’est restructurée et a regroupé ses métiers de la route, du génie civil et du métal au sein de sa nouvelle branche Infrastructures. Celle-ci remplace la branche Travaux Public en intégrant également l’ancienne branche Metal. Au sein de la branche « Eiffage infrastructures » présidée par Jean-Louis Servanckx, j’ai été nommé Directeur général délégué en charge du pôle Projets internationaux. Pendant plusieurs années le groupe est resté absent d’un certain nombre de zones géographiques. Eiffage a décidé de mettre en oeuvre une nouvelle politique d’envergure de développement à l’international.

 

« L’export est évidemment une formidable source de croissance pour l’entreprise, que ce soit par des opérations de croissance externe ou bien par de la croissance organique. »

Cette politique de redéploiement est-elle rendue nécessaire par une situation nationale difficile ?

La baisse de la commande publique et le manque de grands projets d’infrastructures en France, pèse nécessairement sur l’activité. L’export est évidemment une formidable source de croissance pour l’entreprise, que ce soit par des opérations de croissance externe ou bien par de la croissance organique. C’est pourquoi nous avons décidé d’investir significativement commercialement et humainement afin de conquérir de nouveaux marchés à l’international.

Quel sera le positionnement d’Eiffage à l’international et quels sont les marchés visés en priorité ?

Une de mes ambitions est de faire connaître la marque Eiffage dans ces pays où elle n’était pas ou plus présente, notamment à travers notre expertise et nos savoir-faire sur les divers métiers de spécialité de la marque. Nos zones de prospection sont au nombre de cinq : l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient (Arabie saoudite, Quatar, Oman), l’Asie du Sud Est, les Caraïbes et l’Amérique latine. Mon message est clair : Eiffage est de retour et revient avec de grandes ambitions et les moyens de les mener à bien.

Stade Pierre Mauroy
Stade Pierre Mauroy

Justement, quels sont ces moyens ?

Nous nous sommes structurés de la façon suivante: un directeur coordonne les activités de la Zone Afrique avec trois responsables implantés au Kenya, en Afrique du Sud et en Côte d’Ivoire. La zone du Proche et Moyen-Orient a également sa propre direction. Par ailleurs nous avons de même créé une direction spécifique pour les métiers de l’hydraulique et de l’Environnement et un directeur commercial amont pour les pays qui ne se trouvent pas dans les zones territoriales mentionnées (l’Europe extrême orientale ou l’Asie du Sud- Est). L’équipe dédiée aux projets internationaux comprend une quarantaine de personnes qui s’appuient sur l’ensemble des bureaux d’études d’Eiffage Infrastructures et leurs compétences spécifiques. C’est une de nos grandes forces que de pouvoir compter sur cette organisation pour asseoir notre développement à l’international.

Avez-vous déjà initié des projets ou acté des réalisations ?

Plusieurs projets ont déjà été menés à bien : à Lomé au Togo, Eiffage Infrastructures achève les travaux de terre-pleins du programme de modernisation et d’extension du terminal à conteneur du port. Au Congo-Brazzaville, nous réalisons un projet de drainage pour l’assainissement et le traitement des eaux pluviales d’une partie de Brazzaville. À Madagascar, nous réalisons la réhabilitation du Pont Kamoro, ainsi que la construction d’un nouveau pont suspendu. En Angola, nous avons démarré un projet de 104 passerelles pour lequel nous avons apporté un financement (crédit export) pour un montant de 200 Musd. Nous réalisons également un FASEP dans le traitement des déchets et la valorisation énergétique aux Philippines. Au Sénégal, Eiffage Infrastructures et Eiffage Sénégal construisent la première autoroute en PPP d’Afrique.

Actuellement nous ciblons, étudions et même négocions pour certaines, des affaires importantes au Togo, au Kénya, à Djibouti, au Qatar, en Arabie Saoudite et en Indonésie. De plus, nous nous appuyons sur nos récentes acquisitions en Colombie et au Canada pour asseoir notre développement dans ces zones respectives.

 


Coordonner et promouvoir la présence française à l’international Entretien avec Michel Moussard, Président du Comité des Affaires Internationales de de l’AFGC

La présence française à l’étranger passe essentiellement par les grandes entreprises.

Viaduc du Vistre
Viaduc du Vistre (CNM)

Quelles sont les principales activités du comité des affaires internationales de l’AFGC ?

Il faut expliquer la genèse de ce comité pour en comprendre l’activité. Depuis sa création, l’AFGC a dans ses statuts deux points qui concernent les associations internationales. L’un, spécifie que l’AFGC a pour objet de promouvoir le progrès dans les matériaux et les structures en France et à l’étranger en établissant des liaisons étroites avec les associations françaises et internationales engagées dans l’acte de construire. Le second point précise : en engageant et aidant ses membres à participer aux manifestations et aux travaux de ces associations internationales.

J’ai été, pour ma part, depuis quelques années, délégué de l’AFGC auprès de la Fédération internationale du béton (FIB), une des associations internationales où la France est représentée par l’intermédiaire de l’AFGC. Il existait deux autres associations internationales : la Réunion internationale des laboratoires d’essais et de recherches sur les matériaux et les constructions (RILEM) et l’Association internationale des ponts et charpentes (AIPC) ou IABSE (International association for bridges and structural engineering) en anglais. Dans ces trois associations, l’AFGC a le rôle de représenter la France et d’organiser une délégation française. Quand on m’a demandé d’être le délégué de l’AFGC auprès de la FIB, j’ai rapidement ressenti le besoin d’avoir un relais pour coordonner la présence française dans cette association. J’ai donc créé une commission pour assurer cette liaison entre la FIB et la communauté française du génie civil. J’ai ensuite naturellement proposé l’année dernière que l’on crée officiellement un comité des affaires internationales. Son rôle principal est de s’assurer que la France est bien représentée au sein de ces associations internationales.

C’est donc une création toute récente de l’AFGC…

Oui et cela correspond aussi au fait que l’on se tourne de plus en plus vers l’international. Même si quand on regarde l’histoire de ces associations internationales, toutes ont été créées avec une très forte influence de la France, notamment la FIB. Cette présence française a un peu diminué aujourd’hui, du fait, entre autres, que le français n’est plus la langue de référence. Après la Seconde Guerre mondiale, la France avait encore une position extrêmement forte et privilégiée. Ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui.

 

« Nous nous efforçons de promouvoir la présence française à l’international. »

Quels sont les principaux acteurs de ce comité ?

Nous nous efforçons d’avoir des représentants de quatre composantes de la communauté du génie civil, à savoir : les administrations et établissements publics, les universités et écoles, les sociétés d’ingénierie et architectes et les entreprises.

En quoi consistent les activités du comité ?

Nous nous rencontrons deux fois par an, mais notre but est avant tout de coordonner la présence française et de la promouvoir à l’international. Nous n’avons pas d’activité de publication ou d’organisation de manifestation. En revanche, par exemple, nous promouvons la présence d’articles français dans les revues de ces associations internationales. Nous travaillons également à attirer en France les congrès ou les symposiums internationaux. Un Congrès IABSE aura lieu à Nantes en 2018 et nous avons oeuvré pour. Nous avons également obtenu qu’un PhD symposium de la FIB ait lieu en 2020 à Paris.

Comment est perçu à l’étranger le savoir-faire français en matière de génie civil ?

La présence française en termes de génie civil à l’étranger passe essentiellement à travers les grandes entreprises telles que Bouygues, Vinci, Eiffage. Cette présence est aussi forte grâce aux sociétés d’ingénieur conseil comme Egis ou Arcadis par exemple mais dans une moindre mesure, car au niveau international les grands ténors de l’ingénierie sont anglo-saxons.

 


Sous terre comme en surface, le tramway niçois tisse sa trame…

Réorganisant complètement les transports sur son territoire, la métropole de Nice va se doter d’une nouvelle ligne de tramway desservant l’agglomération d’ouest en est sur 11 km. Un projet innovant qui entend répondre aux enjeux accrus de mobilité et d’urbanisme de la capitale azuréenne. Cap sur un chantier orchestré par Egis, mandataire de la maîtrise d’oeuvre.

DOSSIER-GENIE-CIVIL-IT13-32Avec la ligne T2, Nice prépare l’avenir. Se substituant au transport en site propre bus estouest, le tramway reliera le port de Nice au pôle multimodal de Saint- Augustin puis se divisera en deux branches, desservant respectivement le centre administratif départemental (CADAM) et l’aéroport de Nice. Grâce à une intermodalité favorisée, la ligne offrira aux citadins une nouvelle expérience des transports publics et une qualité de vie sensiblement améliorée. Pour concrétiser ces ambitions, Métropole Nice Côte d’Azur a confié à Egis et au groupement ESSIA1 la maîtrise d’oeuvre complète des opérations, avec un impératif de mise en service en 2018.

Le tramway cheminera sous terre sur 3,2 km, entre le secteur du port et la rue de France. Une spécificité nécessitant d’importants travaux de génie civil dans les terrains alluvionnaires du « Vieux Nice » sous la supervision directe d’Egis et de son directeur des travaux souterrains, Jean-Baptiste Rapetti :

 

Le passage en souterrain permettra une desserte optimale du centre-ville, tout en préservant sa qualité architecturale exceptionnelle.

 

egis« À ce jour, le puits d’entrée est entièrement terminé et nous suivons attentivement le montage du tunnelier qui servira à creuser les sections souterraines de la ligne de tramway. Après avoir mené des études approfondies des sols excavés et de leur perméabilité, nous avons choisi d’avoir recours à un tunnelier à pression de boue (jusqu’à 5 bar de pression) pour réaliser cette opération. Cette imposante “ machine ” (75 mètres de long et 10 mètres de diamètre) nous arrive d’Allemagne en plusieurs parties qui sont assemblées ici même en vue de la réalisation des travaux d’excavation qui débuteront le 15 mars 2016 pour une durée de 11 mois.»

DOSSIER-GENIE-CIVIL-IT13-34« Pour les stations les plus profondes, poursuit Jean-Baptiste Rapetti, le principe de soutènement retenu est l’utilisation d’une paroi en “Té” à contrefort très rigide, fortement épaissie à 1,20 m voire 1,50 m. Pour certains ouvrages, fichés dans des sols peu compacts, il va falloir traiter les matériaux pour assurer la bonne tenue des parois moulées. Pour d’autres, dans des sols de forte perméabilité, il sera nécessaire d’étanchéifier le terrain dans le but de garantir sa stabilité. Enfin, les terrassements seront réalisés en sous-oeuvre, à couvert de dalles coulées à même le sol, qui permettront de réduire les tassements du bâti avoisinant, de limiter les nuisances acoustiques et la propagation des poussières.»

Le passage en souterrain permettra une desserte optimale du centreville, tout en préservant sa qualité architecturale exceptionnelle et en réduisant considérablement les impacts et nuisances occasionnées par les travaux. C’est aussi un moyen de garantir les meilleurs temps de parcours puisque le tramway, qui s’affranchira complètement des contraintes de circulation, possédera une vitesse commerciale moyenne de 21 km/h (contre 14,2 km/h pour le T1) et une vitesse de pointe de 70 km/h en tunnel. Des performances qui contribueront très certainement
à faire du T2 une véritable alternative au bus ou à la voiture pour les usagers niçois.

 


Un lieu d’échanges pour tous les acteurs du génie civil Entretien avec Jacques Resplendino, Président de la Délégation Méditerranée de l’AFGC

Quelles sont les principales actions de la délégation Méditerranée de l’AFGC ?

Comme pour l’ensemble de l’AFGC, l’objectif est toujours de partager au sein de la profession le savoir autour de l’acte de construire, en faisant intervenir tous les acteurs, du commanditaire aux entreprises qui réalisent. Nous faisons le lien entre la conception, ou les concepteurs (bureaux d’études, architectes, maîtres d’oeuvre) et, à l’autre bout de la chaîne, les matériaux (les laboratoires et les industriels). Ce n’est pas pour rien que l’AFGC, créée en 1998, est née entre autres de la fusion de l’AFREM (Association française de recherches et d’essais sur les matériaux) qui regroupait plutôt les départements génie civil des universités et de l’AFPC (Association française des ponts et charpentes). Au niveau régional, nous mettons essentiellement en place des journées techniques autour d’un projet, d’un chantier.

Comment est composée la délégation ?

Au sein de la délégation Méditerranée, nous avons un bureau où sont représentés tous les acteurs de la construction. Ainsi, je suis pour ma part issu de l’Administration et directeur de Setec Tpi, un bureau d’études souvent maître d’oeuvre ; le vice-président, Olivier Betoux, est directeur régional de Vinci Construction; André Mascarelli, membre du bureau est architecte, nous avons également des représentants de l’Enseignement supérieur en la personne d’Isabelle Rogoff, directrice de l’ISBA-TP grande école d’ingénieurs experte dans le génie civil. Nous comptons également parmi nous le responsable du département génie civil de Polytech Marseille, Yves Burtschell. Je ne peux pas tous les citer ici mais cela vous montre bien que nous essayons d’avoir toutes les facettes de la profession. Au sein de ce bureau, nous échangeons sur les projets en cours méritant que nous organisions un événement, une visite de chantier.

 

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Comment s’organisent ces journées ?

En général, nous organisons ces journées en deux temps. La matinée est occupée par des conférences où interviennent tous les acteurs du projet. L’après-midi est consacrée à la visite de chantier. À chaque manifestation, nous invitons au moins deux étudiants d’une école de la région. La plupart du temps ils ont à faire le compte rendu ce qui les oblige à aller au-devant de tous les intervenants, ce qui est une très bonne chose.

À qui s’adressent ces journées ?

Ces journées sont ouvertes à tout le monde et pas uniquement aux adhérents de l’AFGC. Peuvent donc venir tous ceux qui sont intéressés.

Les maîtres d’ouvrage sont parfois des acteurs publics. Est-ce que les politiques viennent à vos journées ?

Oui bien sûr. Nous essayons autant que possible de les faire venir. L’an dernier, par exemple, nous avions fait une petite manifestation autour de la passerelle du Cannet des Maures, le maire était présent. Si nous pouvons avoir les politiques, quelle que soit leur appartenance, nous en sommes ravis.

Pensez-vous que les métiers du génie civil sont beaucoup plus attractifs qu’auparavant ?

Nous essayons de les rendre toujours plus attractifs. Pour cela, nous sommes très attentifs aux liens que nous entretenons avec les écoles, notamment celles représentées au sein du bureau de la délégation. Il est important de montrer la multiplicité du métier ainsi que de sensibiliser aux problématiques environnementales.

 

Cogeci

 


L’innovation produits et l’excellence de la qualité et du service Entretien avec Nicolas Chaignon

Sika France propose de nombreux produits aux professionnels de la construction et de l’industrie, dans une démarche de développement durable.

NICOLAS CHAIGNON
NICOLAS CHAIGNON

Pouvez-vous nous présenter SIKA et son rôle en amont des projets avec les maîtres d’ouvrage et maîtres d’oeuvre ?

Troisième filiale du groupe Sika en termes de chiffre d’affaires, Sika France S.A.S compte plus de 650 collaborateurs, regroupe 6 agences commerciales sur tout le territoire, trois sites de production et un laboratoire de recherche. Leader sur ses marchés cibles, Sika France affiche clairement ses priorités : l’innovation produits et l’excellence de la qualité et du service. Présent dans le monde entier, Sika fournit aux marchés de la construction et de l’industrie le meilleur de la technologie en matière d’étanchéité, de collage, de réparation, de renforcement et de protection, en appliquant les principes du développement durable.

Un service dédié aux grands projets, le PGP (Pôle grands projets), ainsi que des responsables de secteur prescripteurs interviennent sur tout le territoire auprès des maîtres d’oeuvre et des maîtres d’ouvrage pour analyser et définir avec eux les solutions les mieux adaptées à leur problématique. Cet accompagnement passe par des propositions de préconisation, des avis techniques et le BIM (Building Information Modeling).

« Leader sur ses marchés cibles, Sika France affiche clairement ses priorités : l’innovation produits et l’excellence de la qualité et du service. »

Quelles solutions proposez-vous pour répondre à l’entretien des ouvrages d’art, des réseaux d’assainissement et de voirie ?

Sika propose une large gamme de produits destinée à l’entretien et à l’augmentation de la durée de vie des ouvrages du génie civil. Dans le domaine des ouvrages d’art nous couvrons la réparation, l’injection, le renforcement par matériaux composites carbone, la protection des bétons et l’étanchéité. Dans les réseaux d’assainissement, des gammes de réparation, de protection contre l’abrasion, d’étanchéitéet de renforcement des réseaux par matériaux composites carbone sont disponibles. Pour l’entretien de la voirie nous proposons des produits de scellement (tampons, mobiliers urbains, pavés) de calage et de collage.

 

STEP
Réhabilitation de la STEP (station d’épuration) d’Evry (91).

Concernant l’environnement, quel état des lieux pouvez-vous faire, quelles sont les améliorations que vous proposez et avec quels partenaires ?

Engagés dans une gestion saine des ressources naturelles, Sika et son département de Recherche & Développement situé à Gournay-en-Bray (76) travaillent quotidiennement sur l’élaboration de nouveaux produits assurant la préservation des matières premières et la réduction des gaz à effet de serre. Ces recherches ont abouti récemment à l’élaboration de trois nouveaux mortiers (un mortier de scellement et deux mortiers de ragréage de mur) présentant un faible impact environnemental. Il s’agit respectivement des SikaGrout®-234, Sika- Rep®-105 clair et Sika® Viscorep. Formulés à base de matières premières recyclées, ces nouveaux produits garantissent de hautes performances tout en réduisant les émissions de CO2 et la demande en énergie primaire.

Pouvez-vous présenter quelques retours d’expérience et chantiers emblématiques dans ce contexte ?

Voici quelques références traitées ces dernières années dans le domaine du génie civil:

  • Rénovation et reprofilage du tablier de pont du Viaduc de Bellegarde (01). (2012-2013)
  • Réhabilitation de la STEP (station d’épuration) d’Evry (91) (2012).
  • Réparation et protection du viaduc de Beaulieu (19) (2013)
  • Renforcement d’un parking souterrain à Rouen (76) (2014)
  • Scellement de pavés de la place Saint-Pierre à Toulouse (2015-2016)

 


Un pont tendu entre les pays Entretien avec Christian Tridon, Président de l’Association le Pont, Organisatrice de l’Événement

Chaque année au mois d’octobre, se tient à Toulouse le colloque « Le Pont » avec un succès toujours plus grand depuis 20 ans.

Pont Jacques-Chaban Delmas
Pont Jacques-Chaban Delmas à Bordeaux.

Vous êtes président de l’association Le Pont, quelle est sa vocation ?

En 1996, j’ai fait le constat que nous n’avions rien en France qui traitait de la pathologie des ponts. Nous avons alors décidé avec l’INSA (Institut national des sciences appliquées) à Toulouse, d’organiser une journée consacrée à la pathologie des ponts, sujet sur lequel travaillait beaucoup l’INSA. Nous avons trouvé immédiatement notre public ; nous avons recommencé l’année suivante et cela fait maintenant vingt ans que ça dure !

De quoi s’agit-il exactement ?

C’est un colloque annuel, sur deux jours, qui rassemble en général une quinzaine d’intervenants, autour d’un sujet d’étude. Chaque année, le colloque s’appuie sur un thème particulier qui peut avoir un lien plus ou moins direct avec le domaine des ponts. La prochaine édition, nous nous tournerons vers l’Europe pour traiter de la maintenance des ouvrages au niveau européen. Nous avons déjà eu des pays invités, mais j’aimerais désormais que ce colloque devienne véritablement franco-européen avec un pays invité à chaque édition.

Qui organise ce colloque ?

L’association Le Pont travaille en partenariat avec l’AFGC (Association française de génie civil), le STRRES (Syndicat national des entrepreneurs spécialistes de travaux de réparation et de renforcement des structures) et l’IMGC (Ingénierie de maintenance du génie civil) avec lesquels nous nous mettons d’accord sur le programme scientifique.

À qui s’adresse ce colloque ?

À tous les professionnels d’abord : ingénieurs, techniciens et gestionnaires des maîtres d’ouvrage, maîtres d’oeuvre, entrepreneurs de travaux, prestataires de services, enseignants. Les maîtres d’ouvrage y sont représentés par leurs différentes composantes, secteur public et secteur privé. Nous laissons aussi la porte ouverte aux étudiants. Nous lançons un concours au mois de mars dans diverses écoles d’ingénieurs en leur donnant un thème. Le groupe d’étudiants lauréat du meilleur dossier est invité à présenter son travail.

Combien de personnes assistent à ce colloque chaque année ?

Généralement autour de 400 personnes. Et chaque année, le public grossit un peu plus !

 


 

DE PLUS EN PLUS DE JEUNES
Les écoles d’ingénieurs se multiplient et les métiers du génie civil attirent les jeunes. Thomas Couveignes, 24 ans est l’un d’entre eux. Rencontre.

Quelle formation avez-vous suivie ?
Je suis actuellement en 1re année d’école d’ingénieur au CESFA (Centre supérieur de formation par l’apprentissage) BTP à Nanterre. J’ai auparavant obtenu un DUT de génie civil à l’IUT de Champs-sur-Marne. Je suis aujourd’hui en alternance chez GTM Bâtiments, une entreprise du groupe VINCI.

Comment en êtes-vous venu à suivre ce cursus ?
J’ai initialement entamé des études de médecine, mais cela ne m’a pas plu. J’avais eu plusieurs petites expériences dans le bâtiment. J’avais aimé l’atmosphère qui régnait dans le milieu et j’ai toujours été intrigué par les structures telles que les ponts. Je me suis donc lancé et je ne le regrette pas.

Qu’est-ce qui vous a plu ?
C’est un milieu évolutif, tant au niveau des normes techniques que par la diversité des projets. J’aime aussi l’aspect concret, logique et transversal de cette formation : en ce moment je suis aide conducteur de travaux et cela me plaît beaucoup.

Quelle spécialité envisagez-vous à l’avenir ?
Je souhaite prendre une option génie civil pour partir sur des grands projets, notamment à l’étranger. Lors de mon DUT j’ai eu l’occasion de suivre le chantier de construction de la canopée des Halles. C’était passionnant d’avoir accès à un énorme chantier tel que celui-là.

 

Uretek

 


La stabilisation et l’aplanissement d’une chaussée à Gilly-sur-Isère

UretekSuite à un défaut de compactage sur un tronçon de la route départementale RD 990 reliant Chambéry à Albertville, la société URETEK® est intervenue en un temps record pour remédier à cette problématique sans interrompre la circulation.

C’est à l’issue de travaux de voirie effectués sur cette route très fréquentée qui traverse l’agglomération de Gilly-sur-Isère, que des affaissements progressifs de la chaussée ont été localisés à certains endroits. Après avoir essayé à maintes reprises de mettre un terme à ce problème de remblaiement et de compactage avec des rustines, la commune a dû trouver une solution satisfaisante et définitive ! M. Pierre Loubet, maire de Gilly-sur-Isère nous indique que ces travaux étaient d’une nécessité absolue car la sécurité n’était plus assurée et la circulation y devenait dangereuse.

UNE INTERVENTION RAPIDE ET PÉRENNE

Conseillée par l’assurance de l’entreprise ayant réalisé les travaux de voirie, la commune a opté pour la solution d’injection de résine expansive URETEK®. Appelé Deep Injections®, ce procédé peu invasif fait l’objet d’un Avis technique du CSTB (valide jusqu’au 31/03/2018). Tout d’abord, les zones présentant des déficiences de compactage ont été repérées à l’aide de sondages pénétrométriques normalisés sur toute la chaussée.

Ensuite, les canules d’injection ont été placées selon un maillage spécifique. Une zone de test a permis de confirmer très rapidement la solution grâce à l’obtention de résultats concluants. Les équipes spécialisées d’URETEK® ont ainsi pu traiter 650 mètres linéaires de chaussée sur une largeur d’environ 1,60 mètre et réaliser des injections allant jusqu’à une profondeur de 4 mètres. L’intervention aura duré une quinzaine de jours sans que la circulation ne soit interrompue.

UN CHANTIER SEMÉ D’EMBÛCHES

L’une des difficultés du chantier était la présence d’un réseau d’eaux usées à 1,50 mètre de profondeur et d’un autre d’eaux pluviales à 4 mètres de profondeur. Pour éviter tout désagrément, un repérage précis a été entrepris et une surveillance minutieuse à l’aide de caméras a été mise en place afin de contrôler toute anomalie lors des phases de percement et d’injection. En plus du contrôle télévisuel, un suivi continu au niveau laser signalait les moindres mouvements du sol. Le chantier se sera finalement déroulé sans encombre.

In fine, la remise en état de la route n’aura nécessité que 15 jours d’intervention sans réaliser aucune excavation. Par la suite, une entreprise a pu intervenir pour reprendre l’enrobé. M. Pierre Loubet est désormais soulagé car la route départementale offre à nouveau un revêtement sûr aux automobilistes qui la fréquentent chaque jour !

 

URETEK®

 


La caverne du Pont d’Arc, fac-similé de la grotte Chauvet

Le groupement composé de Socra, Campenon Bernard Régions, Cofex Régions, filiales de VINCI Construction France et Freyssinet France, filiale de VINCI Construction, a réalisé la caverne du Pont d’Arc, le fac-similé de la grotte Chauvet, qui a ouvert en avril 2015.

grotte chauvet
Du carnet de projection…

Découverte en 1994 à Vallon-Pont-d’Arc dans l’Ardèche, la grotte paléolithique Chauvet abrite de nombreux dessins pariétaux dont les plus anciens remontent à 36 000 ans. Elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis juin 2014.

La grotte ayant été fermée au public pour la préserver de dégradations dues au dioxyde de carbone, à l’instar de Lascaux, la réalisation d’un fac-similé a été décidée par l’État, la Région Rhône-Alpes et le conseil général de l’Ardèche afin d’en faire découvrir les merveilles au plus grand nombre.

La réalisation du chantier a ensuite été attribuée en 2012 au groupement comprenant Socra, Campenon Bernard Régions, Cofex Régions et Freyssinet France. Le maître d’ouvrage est le syndicat mixte de l’espace de restitution de la grotte Chauvet et les architectes sont le Cabinet Fabre-Speller et Atelier 3A.

Fidèle Sola, directeur du projet chez Campenon Bernard Régions, a souligné : « Nous créons une copie de la grotte à un kilomètre de l’originale. Ce sera la plus grande réplique préhistorique du monde. C’est un chantier colossal, qui consiste à élaborer dans un espace limité de 3 000 mètres carrés une structure métallique reproduisant le modèle 3D de la caverne sur laquelle est projeté puis sculpté du mortier paysager. Cela reconstitue à l’identique près de 8200 mètres carrés de faciès géologiques de la grotte originale. Soit environ dix fois Lascaux. »

6 000 photos numériques des peintures ont été superposées afin de recréer numériquement les panneaux pariétaux. Les équipes ont ensuite façonné et installé 100 kilomètres de fils d’acier accrochés à 1 500 châssis métalliques.

grotte Chauvet
… à la table de façonnage des aciers.

Cédric Lacroix, responsable du service méthodes chez Campenon Bernard Régions, explique : « Après avoir plaqué un grillage souple, nous avons projeté deux couches de béton. Les compagnons ont sculpté ce béton encore frais afin de reproduire les formes organiques de la grotte originelle dans ses moindres détails. Près de 1500 carnets de fabrication ont été édités. Pour les finitions, les compagnons étaient équipés de tablettes tactiles pour visualiser en 3D le modèle à obtenir. Ce projet a exigé un important travail informatique pour le maillage de la caverne, auquel nous n’étions pas habitués. C’était un vrai défi à relever. »

Des copistes ont reconstitué les peintures et gravures originales d’animaux (mammouths, chevaux, rhinocéros, lions, etc.) sur une trentaine de panneaux en résine au cours d’un parcours de dix stations.

Après plus d’un an de préparations et trente mois de travaux (de juillet 2012 à janvier 2015), la caverne du Pont d’Arc a été inaugurée le 10 avril 2015 en présence du président de la République François Hollande et a ouvert au public le 25 avril. On attend environ 350 000 visiteurs chaque année.

 

grotte Chauvet
Conception Fabre Speller architectes – Atelier 3A – F. Neau –
Scène – Sycpa / © Sycpa – Sébastien Gayet

Gérer le patrimoine d’ouvrages d’art français

Avec 15 000 ponts et 1 500 tunnels sur le réseau ferré national, SNCF Réseau est l’un des tout premiers gestionnaires de patrimoine d’ouvrages d’art en France.

Tunnel de Monte-Carlo
Tunnel de Monte-Carlo : travaux de renouvellement du radier effectués en 2014 2015.

Ce patrimoine important et réparti sur l’ensemble du territoire est ancien : la plus grande partie des ouvrages a été construite au moment du développement des chemins de fer au XIXe siècle et, malgré la mise en service des lignes nouvelles depuis 1980, l’âge moyen des ouvrages oscille globalement autour de 125 ans. Au sein du métier Ingénierie & Projets de SNCF Réseau, comptant un peu plus de 120 ingénieurs et techniciens, le département des ouvrages d’art (I&P OA) a pour principales missions :

  • La production du référentiel de conception et, en assistance aux services chargés de la maintenance, de celui de surveillance des ouvrages ;
  • La maîtrise d’oeuvre de conception ou de réparation, en particulier pour les ouvrages les plus complexes de par leur type ou leur position dans le réseau ferroviaire exploité (les études de conception peuvent également être réalisées par les bureaux d’études régionaux situés au sein des Pôles régionaux d’ingénierie PRI ou externalisées) ;
  • L’assistance aux services chargés de la maintenance, notamment en matière de décisions à prendre à la suite de désordres repérés sur un ouvrage.

 

Ancenis
Ancenis : réhabilitation du viaduc routier sur la Loire – Prestation de maîtrise d’oeuvre de I&P OA pour le Conseil général de Loire-Atlantique.

La priorité de l’entreprise étant la maintenance et le renouvellement du réseau, l’activité en la matière est naturellement soutenue. La politique de maintenance des ouvrages repose sur des actions de surveillance débouchant sur des opérations de maintenance corrective si des désordres sont relevés. Trois types d’ouvrages font néanmoins l’objet de renouvellement systématique :

  • Les tunnels, avec une politique d’élimination systématique des revêtements en brique et des ouvrages non revêtus sur les lignes les plus circulées du réseau. La technique habituellement employée est la réalisation d’une coque en béton projeté armé. Le programme de régénération est construit avec une vision jusqu’en 2035 ;
  • Les ponts métalliques, compte tenu des enjeux particuliers liés à la fatigue du matériau, notamment pour les ouvrages en fer puddlé datant du XIXe siècle. Le département pilote un programme de priorisation du renouvellement des ouvrages de plus de 20 m de portée consistant en une cotation des ouvrages (à partir des plans et procès-verbaux d’inspection), réalisée en 2012, puis une visite systématique de l’ensemble de ceux-ci afin de définir les mesures à prendre (réparation ou remplacement du tablier, horizon de programmation) ;
  • Les parois revêtues : une politique de régénération est en cours d’élaboration. Elle est la conséquence de l’accident survenu à Mercuès en 2012 (déraillement d’un train à la suite de l’effondrement d’un ouvrage de ce type). La difficulté de l’exercice tient au nombre très important d’ouvrages de cette catégorie.

 

Ces politiques entraînent naturellement un programme d’opérations de renouvellement, et donc un volume d’études important.

En matière d’infrastructures nouvelles, si la maîtrise d’oeuvre est largement externalisée, les compétences de I&P OA en font un acteur incontournable pour les situations avec adhérence forte avec le réseau ferroviaire exploité, notamment en zone dense. Le prolongement d’Éole jusqu’à Mantes-la-Jolie, la construction d’ouvrages de correspondance avec les gares du Grand Paris Express ou le projet de doublement de la ligne ferroviaire Marseille – Aix en Provence font partie des projets pour lesquels I&P OA réalise d’importantes prestations de maîtrise d’oeuvre, depuis la conception des ouvrages jusqu’à l’accompagnement de leur réalisation auprès des équipes de suivi de chantier, voire parfois la réalisation du suivi.

SNCFLa maîtrise et le développement de ces compétences ont également permis au département de réaliser des prestations de maîtrise d’oeuvre complètes pour des clients externes à SNCF Réseau, comme le Conseil départemental de Loire-Atlantique (rénovation du pont sur la Loire à Ancenis) ou la communauté d’agglomération Plaine Commune (réalisation d’un franchissement des voies ferrées à Pierrefitte-sur-Seine). Ces prestations ponctuelles, permettant de vivre la réalité du rapport avec un maître d’ouvrage extérieur, sont un facteur important du maintien en compétences et de la motivation des équipes du département.