Retrouvez-nous sur :

L’intelligence au service de la ville

Eau, électricité, éclairage, transports, assainissement et gestion des espaces verts, éducation, et urbanisme… Les technologies numériques trouvent de nombreux terrains d’application dans nos « villes intelligentes ».


L’intelligence au service de la ville

Eau, électricité, éclairage, transports et déplacements, assainissement et gestion des espaces verts, déchets, éducation, habitat et urbanisme… Les technologies numériques trouvent de nombreux terrains d’application dans nos « villes intelligentes ». Bien utilisées, elles contribuent à optimiser les services publics locaux tout en favorisant l’émergence de nouvelles offres de services.

 

SERCE

 


La ville intelligente se construit pas à pas… Entretien avec Guy Lacroix, Président du SERCE

Concevoir et maintenir des infrastructures énergétiques durables, accroître la mobilité ou encore optimiser la gestion des équipements de l’espace public : les entreprises du SERCE oeuvrent au quotidien pour bâtir les villes de demain.

Guy Lacroix
Guy Lacroix

Quelles sont les principales caractéristiques technologiques d’une ville intelligente ?

Quand on parle de ville intelligente, on parle de smart city et j’apprécie l’adjectif smart, non parce qu’il est anglais, mais parce qu’il permet de distinguer ce qui est en train de se passer et ce qui se passait auparavant. On parle souvent de révolution numérique… alors qu’en fait le numérique existe déjà depuis plus de vingt ans ! Mais la différence entre le numérique d’avant et le smart d’aujourd’hui, c’est qu’à l’heure actuelle, on utilise des systèmes technologiques et des plateformes pour des usages : notre client, lorsqu’il va mettre en place ce type d’outil dans sa commune, ne va pas savoir comment cela fonctionne sur le plan numérique. En revanche, il en connaît précisément la finalité.

Les caractéristiques technologiques concernent donc toutes les initiatives pour apporter de nouveaux usages. Et si l’on veut définir plus précisément une smart city, c’est un ensemble d’initiatives qui vont apporter aux citoyens de l’information, du bien-être, de l’intelligence, et en tout cas de l’optimisation. C’est également un ensemble d’initiatives dans des domaines très différents. Pour ce qui nous concerne, cela peut toucher l’éclairage public, la mobilité, la vidéo-protection, tout ce qui tourne autour de l’efficacité énergétique des bâtiments, et puis un certain nombre d’éléments qui confortent le bien-être des citoyens, comme des capteurs mesurant le bruit, la pollution, etc.

La convergence du savoir-faire dans les domaines de l’énergie et du numérique des entreprises du SERCE leur permet de proposer des solutions intelligentes particulièrement innovantes. Pouvez-vous nous en donner quelques exemples ?

Oui vous avez raison et c’est d’ailleurs ce que je dis souvent à mes collègues : nous avons une chance inouïe. La création de valeur, dans les entreprises du SERCE, on la fait grâce au savoir-faire métiers qu’on a depuis de nombreuses années, car nous intervenons chez certains clients depuis trente ans… et connaissons parfaitement leurs systèmes. Donc si on comprend et si on a développé cette technologie, on est à même de proposer de nouveaux usages liés d’une part à la connaissance de la problématique globale du client et d’autre part à ce que peut apporter cette nouvelle technologie. Et c’est à ce croisement- là qu’on va créer de la valeur. À nous de chercher à réfléchir à des solutions innovantes. Car avec l’intelligence de nos équipes, nous sommes à même de proposer des initiatives très intéressantes pour le client dans la mesure où cela permet d’optimiser les réponses apportées à ses besoins.

Prenons comme exemple l’éclairage public, dont le coût est généralement très élevé et qui représente actuellement entre 30 et 40 % du budget de fonctionnement des communes. L’arrivée des nouvelles technologies a permis de mettre en place des réseaux intelligents dans ce domaine. Cette gestion différenciée s’appuie sur une graduation de lumière poteau par poteau, chacun ayant une adresse IP, ce qui peut servir à alimenter des bornes de recharge , et donnera la possibilité de l’identifier pour la facturation de l’énergie consommée. Bref, l’éclairage public ne ressemble plus à ce qu’il était avant. Ajoutons à cela l’arrivée sur le marché des lampes à led qui consomment dix ou quinze fois moins que les ampoules classiques… ce qui conduit, généralement, à pouvoir réaliser une véritable économie immédiate, en cas de mise en place d’un réseau intelligent d’éclairage public. Et donc les travaux qu’il y aura à faire dans ce sens sont vraiment des investissements extrêmement rentables, puisque leur coût sera amorti, seulement en cinq ou six ans, par la baisse du coût correspondant à l’exploitation du réseau. L’économie ainsi réalisée est en moyenne de 50 %. Pourtant, actuellement, peu de communes ont fait ce choix. La baisse des dotations de l’État a obligé la majorité d’entre elles à réduire leur budget, et en particulier leurs investissements, qui constituent la variable d’ajustement…

 

Éclairage, régulation du trafic, écomobilité, vidéoprotection, bâtiments connectés… les entreprises du SERCE sont au coeur de la révolution digitale.
Éclairage, régulation du trafic, écomobilité, vidéoprotection, bâtiments connectés…
les entreprises du SERCE sont au coeur de la révolution digitale.

 

Outre l’éclairage public, je pourrais parler aussi d’une autre problématique importante pour toutes les communes : la mobilité. Pas moins de 30 % des automobilistes roulant en ville cherchent une place de parking. Les aider à pouvoir se garer rapidement permettra donc de désengorger la circulation et de limiter ses nuisances (pollution, bruit, etc.).

C’est dans ce but qu’on a développé un ensemble de systèmes connectés qui donneront la possibilité aux utilisateurs, via une application smartphone, d’aller directement à l’endroit où une place est disponible. Un certain nombre d’initiatives de toutes sortes ont ainsi pour objectif d’améliorer et d’optimiser la mobilité en zone urbaine : je pense en particulier aux efforts faits ici et là pour favoriser la multimodalité. Je pense aussi aux cartes ou aux tickets qui permettent indifféremment de louer, si on le souhaite, un vélo, une voiture, une trottinette ou bien de prendre le tramway, ou le bus… Ce sont également des exemples de solutions auxquelles les entreprises du SERCE ont contribué, qu’il s’agisse de leur conception, de leur déploiement ou de leur maintenance.

Enfin, dans le domaine de la vidéo-protection, de plus en plus utilisée par les collectivités locales, on a aujourd’hui des systèmes de plus en plus sophistiqués, avec des essais probants dans le domaine des logiciels à reconnaissance faciale. Certaines fonctionnalités restent néanmoins encore à affiner par leurs fabricants. La vidéo-protection a démontré son efficacité en termes de tranquillité du citoyen.

Dans les bâtiments, la gestion des installations et services associés reposent sur un savoir-faire multitechnique.
Dans les bâtiments, la gestion des installations et services associés reposent sur un savoir-faire multitechnique.

Au-delà de l’utilisation de ces technologies, quelles sont selon vous les critères selon lesquels une commune peut faire partie des villes intelligentes ?

Les exemples que je vous ai donnés répondent en partie à cette question. Mais plus globalement, nous trouvons que le développement de la smart city se fait en France de façon extrêmement lente. On ne peut pas dire aujourd’hui qu’il y ait énormément d’exemples de villes qui se soient réellement et profondément transformées. Alors qu’il y a quelques années, je pensais que cette dynamique allait prendre plus d’ampleur et se répandre beaucoup plus vite que ça n’est le cas actuellement. Cela me semblait logique car il s’agissait finalement d’apporter plus de bien-être aux citoyens. Il faut également noter que l’utilisation de ces technologies conduit la plupart du temps à une réduction de la masse salariale pour les employeurs que sont les collectivités. En effet, la mise en place de plateformes du type de celles dont j’ai parlé a pour effet presque immédiat de réduire le nombre de personnes affectées aux tâches d’entretien et de suivi dans ces domaines que sont l’éclairage public, les transports ou la protection des habitants, mais aussi en ce qui concerne les déchets, le traitement des eaux usées, la météo, la circulation, etc. Et si tous ces systèmes sont liés et communiquent entre eux, grâce à une plateforme technologique d’intégration, bien évidemment, cela allège et de ce fait accélère considérablement les procédures d’intervention. L’économie dans le domaine des ressources humaines ainsi réalisée permet aux élus d’investir pour renforcer l’attractivité de leur territoire et par conséquent, pour être en mesure d’attirer de nouveaux habitants.

Compte tenu des critères que je viens d’évoquer, aucune commune en France ne peut être aujourd’hui considérée véritablement comme une smart city, si on les compare à certaines villes européennes, comme Barcelone qui est un bel exemple de réalisation dans ce domaine. Au niveau du SERCE, nous espérons que ce mouvement va s’accentuer rapidement dans l’hexagone. Cela va forcément se développer, c’est obligatoire, car les nouveaux usages que cela apporte finiront par convaincre l’ensemble des élus, à condition que ces derniers aient une marge de manoeuvre suffisante sur le plan budgétaire pour mettre en oeuvre des transformations radicales.

L’utilisation des leds et l’installation de systèmes de pilotage en éclairage public permettent de réaliser des économies d’énergie substantielles.
L’utilisation des leds et l’installation de systèmes de pilotage en éclairage public permettent de
réaliser des économies d’énergie substantielles.

Dans quelle mesure le citoyen est-il l’acteur central de la ville intelligente ?

Si concernant l’utilisation de certaines technologies telles que la vidéo- protection, le citoyen n’est pas à proprement parler acteur, il le devient lorsqu’il a la possibilité de participer aux process qui le concernent, voire de leur donner une impulsion. Il peut d’ailleurs être lui-même un capteur et, à ce titre, alimenter le système en informations, comme on le voit aujourd’hui avec les réseaux sociaux. C’est ce que l’on observe aussi en ce qui concerne le co-voiturage. Cette collaboration ou co-construction est la condition pour qu’une ville devienne réellement intelligente.

Et pour conclure ?

Nous avons beaucoup de chance de vivre à une époque où ces technologies de l’information et de la communication vont permettre d’apporter des innovations chez des clients que nous connaissons bien. A nous de nous saisir de cette opportunité et de chercher à être créatifs, en réfléchissant avec nos clients pour mieux cerner leurs besoins et à apporter de nouvelles solutions avec ces technologies. Cela permet à nos entreprises d’avoir une vision très optimiste du futur car nous savons que nous contribuons, par notre travail, à accroître le bien vivre des citoyens.

 


 

LE SERCE : 260 ENTREPRISES EN FRANCE

Créé en 1922, le Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique (SERCE) est un réseau de 260 entreprises adhérentes réparties sur plus de 900 sites en France, PME et agences de grands groupes ; cela représente près de 100 qualifications dans 15 domaines différents. Les entreprises du SERCE totalisent : un chiffre d’affaires en France de 16,9 milliards d’euros (en 2015) et 135 000 salariés exerçant leurs compétences dans le domaine du génie électrique et climatique. Elles ont un large périmètre d’activités : installations industrielles et tertiaires, réseaux d’énergie électrique, systèmes d’information et de communication. Le SERCE est membre de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP) et membre associé de la Fédération des Industries Électriques, Électroniques et de Communication (FIEEC).

 


La technologie au service d’une mobilité intelligente Entretien avec Christophe Diani, Directeur Général Europe-Maroc, TRANSITEC

L’apport des nouveaux outils technologiques et digitaux dans la concrétisation des politiques de mobilité n’est plus à démontrer… sous réserve d’en garder la maîtrise !

Christophe Diani
Christophe Diani

Que signifie « mobilité intelligente » ?

Penser « mobilité intelligente » c’est raisonner de façon globale, en incluant tous les modes, y compris les modes émergents, pour favoriser une véritable complémentarité, offrir des choix aux usagers. Ce qui caractérise également cette mobilité, c’est le fait d’utiliser les équipements existants que sont un trottoir, une route, un réseau de transports en commun, un tramway, un parking… pour essayer de les valoriser avec de nouveaux outils de communication ou d’exploitation. Il faut cependant insister sur les limites de ces outils : leur utilisation n’a de sens que dans le cadre de la mise en oeuvre d’une stratégie portée par la collectivité locale chargée du territoire étudié. Cette stratégie doit s’appuyer à la fois sur l’offre « traditionnelle » généralement publique mais aussi les nouveaux outils en matière de mobilité, en partie ceux développés via des initiatives privées.

La technologie est-elle selon vous une opportunité ou un risque pour tendre vers une mobilité dite « intelligente » ?

Il s’agit évidemment d’une opportunité car la technologie permet de bâtir et de gérer en temps réel une offre de mobilité grâce à la performance et l’exhaustivité du recueil et de l’analyse des données cernant au plus juste les pratiques et les besoins des usagers. L’offre et la demande de transport sont en effet soumises à de nombreux aléas, ce qui rend leur gestion particulièrement complexe. Les données analysées permettent d’être plus réactifs: avant, par exemple, on mettait en oeuvre une stratégie, puis quelques années après, on la jugeait et on l’adaptait. Aujourd’hui, il est possible de réadapter plus rapidement une stratégie en fonction des pratiques réelles.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-26Autre avantage pour les collectivités : la ville intelligente engendre des économies d’exploitation et d’investissement. Les solutions disponibles sur le marché peuvent désormais être aisément déclinées localement, donc à moindre coût. En revanche, le risque réside, à mon sens, dans la possibilité que la collectivité perde le contrôle des outils mis en place! Il ne faut pas donner les pleins pouvoirs à la « machine », l’opérateur devant conserver son rôle et sa plus-value.

Comment Transitec intègre-t-il la digitalisation et les évolutions technologiques dans ses propositions et ses conseils aux collectivités locales ?

Depuis notre création, en 1954, nous avons toujours eu le souci de proposer des solutions nouvelles à nos clients. Cela passe par un suivi permanent des innovations, leur maîtrise technique, en évitant les effets de mode : nous conservons un regard critique et nous vérifions l’intérêt public, le potentiel d’usage et les gains d’exploitation et d’investissement que cela induit. Nous intégrons toutes ces innovations dans nos propositions, dans une logique de complémentarité et de mise en valeur d’autres mesures, en lien direct avec la stratégie que nous bâtissons en échangeant avec les collectivités.

 


L’interopérabilité : un enjeu clé pour les «villes intelligentes»

Si les technologies numériques peuvent permettre d’optimiser certains services publics locaux, l’un des facteurs préalables est l’interopérabilité des données.Elle peut être définie comme « la capacité que possède un produit ou un système, dont les interfaces sont intégralement connues, à fonctionner avec d’autres produits ou systèmes existants ou futurs et ce sans restriction d’accès ou de mise en oeuvre.

Le Registre général d’interopérabilité (RGI) concerne l’ensemble des autorités administratives, c’est-à-dire les collectivités territoriales, tous les organismes publics et les administrations de l’État (administrations centrales et leurs services déconcentrés et décentralisés).

La deuxième version du RGI a été entérinée par un arrêté du 20 avril 2016 et remplace la version de 2009. Elle recense les normes et standards à privilégier pour favoriser les échanges entre administrations. On remarque que «le niveau de recommandation concernant les protocoles réseau, de transport et de sessions ont dans l’ensemble assez peu évolué. En revanche, les actualisations de statut sont importantes pour tout ce qui touche à la bureautique, au web, au multimédia et à l’information géographique ».

Le développement durable est une préoccupation importante pour les collectivités territoriales. Dans cette optique, un accord signé entre la Fédération nationale des col lectivités concédantes et régies (FNCCR) et le Groupement pour l’itinérance des recharges électriques de véhicules (Gireve) vise à faciliter l’interopérabilité concernant la recharge de véhicules électriques. Gireve, une plateforme numérique au service de la mobilité électrique, réalise en temps réel l’échange de données entre opérateurs de recharge et opérateurs de mobilité (autorisation, consommation), et permet à chacun de se rémunérer sur les services délivrés.

Dans le cadre de la généralisation de l’ouverture des données publiques dans les collectivités locales prévue par la loi pour une République numérique, un rapport consacréaux dispositifs d’accompagnement des collectivités locales à l’ouverture des données publiques a été publié en octobre 2016 par Bertrand Serp, président d’Opendatafrance et Jean-Marie Bourgogne, délégué général d’Opendatafrance, avec le partenariat de la mission Etalab.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-28

 

Ce document précise que «dans certains cas l’interopérabilité peut être à minima obtenue par des données de description (métamodèles). C’est le cas par exemple des délibérations: puisque le contenu des délibérations peut être problématique lorsqu’il contient des données à caractère personnel protégées, il est envisageable de créer un catalogue des délibérations, normalisé, qui décrit le contenu des délibérations sur quelques champs essentiels (date, référence, sujet, service porteur) et qui met en lien vers un document non open data (type image ou pdf). » Le BIM (Building Information Modeling), une méthode de travail basée sur la collaboration autour d’une maquette numérique, a révolutionné le secteur du bâtimentmais pose des défis en matière d’interopérabilité.

Bernard Delcambre, ambassade du numérique dans le bâtiment, a rendu un rapport en décembre 2014. Il recommande ainsi « des formats neutres et stables de données pour la description des ouvrages constitutifs des maquettes numériques, adaptés à l’interopérabilité logicielle et au développement d’applications en open source ».

 


Le Concept de voyage sans rupture Entretien avec Laurent Eskenazi, Directeur Général Transport France du groupe THALES

Laurent Eskenazi
Laurent Eskenazi

Pouvez-vous nous présenter l’activité systèmes de billettique du groupe Thales ?

L’activité billettique concerne la collecte de paiement pour les opérateurs de transport. Elle fournit des systèmes et des services basés notamment sur les technologies sans contact pour les infrastructures de transport. L’activité dispose d’un rayonnement international, puisque nos équipes sont présentes dans 9 pays, sur 5 continents. Avec plus de 40 ans d’expérience, nous intervenons comme un acteur majeur dans le domaine de la billettique, notre coeur de métier. Nous sommes à ce titre reconnus pour nos solutions innovantes, notre interopérabilité et nos produits sécurisés.

En plus de la billettique, notre périmètre s’étend à plusieurs autres activités liées au transport terrestre comme :

  • Les systèmes de péages routiers
  • Les systèmes pour les parkings payants
  • La gestion du trafic routier
  • Les services aux opérateurs

Pouvez-vous nous présenter vos solutions d’interopérabilité appliquées au réseau de transport ? Quels sont les modes de transports concernés ?

L’activité systèmes de billettique dispose d’une expérience unique en matière de systèmes de collecte de revenus interopérables que ce soit à l’échelle d’une région ou d’un pays depuis les années 2000. Nous sommes les seuls sur le marché à avoir implémenté de tels systèmes à l’échelle d’un pays entier, comme c’est le cas au Danemark ou aux Pays-Bas. Nos experts apportent leur savoir-faire pour la mise en place de règles tarifaires ou la gestion du déploiement. Nous avons livré des projets de billettique interopérable dans plusieurs pays, dans des configurations différentes et pour des moyens de transport divers (train, tram, métro, bus…).

Par exemple, à Dubaï, l’autorité en charge des infrastructures routières et des transports publics souhaitait mettre en place un système de billettique moderne pour faire face à l’augmentation de la fréquentation des transports. Pour répondre à ce besoin, nous avons mis en place une solution totalement intégrée comprenant la gestion du stationnement automobile grâce à une carte multimodale.

Mais l’interopérabilité ne s’arrête pas au domaine du transport, elle peut en effet s’étendre à d’autres domaines urbains, comme les loisirs ou la culture. Par exemple, l’opérateur de transport néerlandais RET nous a récemment sélectionné en vue de proposer un billet combiné transport/théâtre dans la ville de Rotterdam. Ce billet à double usage constitue une offre innovante, moderne et connectée qui s’inscrit, pour les citadins, dans un besoin de simplification de leur vie quotidienne.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-30

Quels en sont les avantages en termes d’organisation pour les collectivités et de mobilité pour les utilisateurs ?

Pour l’autorité de transport, la mise en place d’un système de billettique interopérable rend le réseau de transports publics plus attractif et donc, contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les embouteillages et la consommation de carburant tout en augmentant les revenus des opérateurs réunis sous l’égide d’un consortium. Pour les voyageurs, un réseau de transport centralisé à échelle régionale ou nationale présente l’avantage de faciliter la mobilité dans tout le périmètre, sans avoir à se soucier d’acheter un titre de transport par mode de transport emprunté ou par opérateur.

Les modalités d’implémentation et le déploiement restent des éléments majeurs, quelles sont les préconisations de votre entité dans ce domaine ? Pouvez-vous illustrer de quelques exemples concrets mis en oeuvre par l’activité systèmes de billettique ?

Pour rendre l’interopérabilité possible, la prise de décision doit être détenue par une instance supra opérateur en charge de gérer l’opération du système. Il n’existe pas un modèle de gouvernance unique ; la solution dépend de l’organisation politique de la région ou du pays mais aussi du mode de financement des opérateurs.

Différentes configurations de déploiement sont acceptables suivant les contraintes spécifiques à chaque région ou à chaque pays. Aux Pays-Bas, la décision de mettre en oeuvre un système de billettique interopérable émane du ministère des transports. L’organe de gouvernance est quant à lui, constitué en coopérative pilotée par les opérateurs. Cette organisation s’appuie sur une solution billettique en architecture ouverte qui permet d’intégrer facilement tout nouvel opérateur de transport. Ce système offre ainsi aux utilisateurs des voyages sans rupture, en bus, métro, tram ou train puisqu’ils utilisent la même carte partout dans le pays.

 


Une innovation pour vos données DAO/SIG

Guillaume Aronica
Guillaume Aronica Président, fondateur de Mappia

Vous avez été géomètre-expert associé pendant 10 ans à Lyon, pourquoi avoir changé ?

Le métier de géomètre-expert est extrêmement riche et exigeant. Au cours de ces 10 années passées au contact de mes clients et de mes associés, j’ai beaucoup appris. J’ai pu développer une compétence particulière pour la création et la mise en oeuvre de solutions informatiques innovantes permettant d’être toujours plus fiable et efficace dans la production de nos plans. Un chantier colossal s’est ouvert il y a quatre ans avec la nouvelle réglementation des travaux à proximité des réseaux et en particulier l’obligation faite aux exploitants de réseaux de préciser la cartographie de leurs ouvrages avec une précision bien plus exigeante qu’auparavant.

Une conséquence a mis un peu de temps à se faire sentir mais elle est très prégnante aujourd’hui : les données précises des géomètres et topographes doivent maintenant être intégrées régulièrement et gérées dans des SIG dont les données étaient souvent peu précises. J’ai donc décidé de créer mon entreprise, Mappia, qui concentre l’ensemble de mon savoir-faire métier de géomètre-expert et de développeur informatique.

 


 

La DAO et le SIG sont des sujets anciens, en quoi l’offre de Mappia est innovante ?

Il existe aujourd‘hui de nombreux outils de conversion de format, de contrôle ou d’échange de fichiers plus ou moins complexes ou automa – tiques qui permettent de porter des données DAO vers un SIG, et inversement. L’innovation n’est pas là.

La solution apportée par Mappia s’appuie sur des services experts couplés à une plateforme web collaborative et des outils dédiés aux prestataires. GOexpert, GOvalid et GOsuite forment un ensemble cohérent qu’il faut activer en fonction du niveau de maturité rencontré à chaque situation.

GOvalid est une plateforme SaaS qui permet de déployer très rapidement un guichet prestataire permettant d’obtenir des données de qualité. Nous nous positionnons comme « tiers de confiance» garan tissant la qualité des données.

Nos outils et services ne se limitent pas à livrer et valider des fichiers DAO ou SIG : nous encadrons le processus amont de commande de prestation, celui de réception des travaux du prestataire et en aval l’archivage géographique des données livrées et leur transformation dans d’autres formats.

Ce type de dispositif était réservé aux grandes collectivités ou grands exploitants de réseaux, avec un périmètre fonctionnel plus restreint. Notre offre apporte une solution à l’ensemble des acteurs sans considération de taille à un coût très inférieur à la mise en oeuvre dédiée d’un tel système.

La force de notre offre est d’embrasser la diversité existante des chartes graphiques et modèles de données et de faire en sorte qu’elle ne soit plus un problème, ni pour le producteur qui a autant de problématiques que de clients, ni pour le donneur d’ordre qui peut s’appuyer sur un outil fiable d’échange, de contrôle et de transformation des données issues du terrain.

Est-ce que votre offre se limite à la DAO et au SIG ? Avez-vous d’autres perspectives ?

Le coeur de notre plateforme GOvalid est en fait un moteur de traitement de données asynchrone qui nous permet de prendre en charge tout type de traitement en lots. Les fonctionnalités de contrôle et de traitement sont disponibles en mode « API » : vous pouvez utiliser ou intégrer le moteur de la plateforme dans vos processus existants.

La souplesse de notre système nous permet de prendre en charge un panel très large de formats de données du plus simple comme un fichier CSV au plus complexe comme des fichiers XML et ses déclinaisons métier. Le format des données et les traitements que nous opérons ne se limitent donc pas au monde de la DAO et du SIG.

Le BIM est un exemple concret d’extension de notre périmètre sur lequel nous allons proposer une offre dédiée s’appuyant sur le moteur de GOvalid. Par nature le BIM nécessite de collaborer autour de données métier où chacun apporte sa pierre à l’édifice de la « maquette numérique ».

Le besoin de contrôle et de transformation de données est encore plus fort et complexe que dans la DAO et dans le SIG car les données sont en 3D, les formats sont très divers et les standards d’échange sont encore mal maîtrisés par les éditeurs. Un projet BIM mal maîtrisé au départ et sans contrôle de données en amont de la synthèse dans la maquette numérique peut être un véritable casse-tête, source d’erreurs et contre-productif.

La plateforme SaaS GOvalid a tous les atouts pour embrasser cette problématique : elle est collaborative, elle s’adapte à chaque chantier et per met de contrôler des formats de données divers et de transformer les données d’un format vers un autre.

 

UTILISATION DE LA PLATEFORME DANS LE CADRE DE MARCHÉS À BON DE COMMANDE

La plateforme collaborative GOvalid permet une gestion simple, partagée et sécurisée des marchés à bons de commande ; véritable guichet « prestataire », la plateforme intervient à toutes les étapes du cycle de vie du marché :

  • Gestion des commandes : workflow devis / bon de commande, mise à disposition des données de base, tableau de bord du planning et suivi financier.
  • Collaboration des intervenants : accès paramétrable et sécurisé, gestion sous-traitance.
  • Qualité des livrables : contrôle automatique de conformité à chaque livraison du prestataire. Workflow de réception (commentaires de réserve partagés, PV de réception).
  • Traitements automatisés : archi vage GED interne ou plateforme, transformation des données DAO vers format SIG. Développements spécifiques possibles.
Exemple d’enchainement d’usages (1 à 7) de GOvalid
Exemple d’enchainement d’usages (1 à 7) de GOvalid

 

LA DÉMARCHE QUALITÉ D’IDEX ENERGIES ET SES FILIALES

Mappia accompagne IDEX ENERGIES et ses filiales dans une solution globale permettant d’alimenter son SIG.
Cette démarche de fond est issue du constat suivant :

  • Les relevés de réseaux provenant des géomètres/détecteurs ne sont pas standardisés,
  • Ils n’intègrent pas toute l’information nécessaire à leur exploitation dans un SIG,
  • L’intégration au SIG, quand elle est possible, nécessite un temps de traitement trop important.

 

Mappia apporte une solution pérenne à cette problématique en s’appuyant sur une méthodologie éprouvée, couplée à des outils collaboratifs.

La méthode consiste à s’appuyer sur une charte graphique DAO conçue spécifiquement pour garantir sa simplicité d’utilisation, la bonne lisibilité du plan et la migration automatique des données vers un SIG et modèle de données propre. La plateforme prestataire GOvalid permet les échanges et la traçabilité de données entre les prestataires et IDEX ENERGIES et ses filiales. Elle garantit la conformité des données produites à la charte graphique DAO, donc au modèle de données SIG mis en oeuvre. Les données DAO sont ainsi structurées, normalisées, centralisées et validées.

Mappia fournit aux prestataires qui le désirent des outils de production dédiés à la charte graphique DAO et à son contrôle pour une production fiable et efficace. Le modèle de données SIG conçu pour Idex et ses filiales permet de répondre aux exigences réglementaires de fourniture de plans (DT/ DICT) et de transmission récurrente de données cartographiques et d’exploitation à des tiers ou à la DREAL par exemple. Ce modèle est extensible et peut s’interfacer avec d’autres solutions.

Mappia fournit à Idex et ses filiales le service d’hébergement de l’infrastructure de données géographiques hautement disponible et sécurisée qui accueille les données issues du terrain et validées par GOvalid.

 

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-37
Exemple de rendu DAO à la charte graphique
DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-37-1
Exemple de rendu SIG de données issues de la DAO

GOVALID / GOSUITE

L’utilisation de la plateforme GOvalid et ses outils GOsuite s’inscrit dans une démarche pérenne avec les prestataires. Cette plateforme permet ainsi à chacun des intervenants de la chaîne de production de rester dans son coeur de métier, et de produire les données issues de son savoir-faire, sans se soucier des différentes problématiques d’échanges de données (par exemple entre les prestataires terrains, et le SIG).

Les données livrées dans la plateforme sont contrôlées et validées, garantissant ainsi la qualité des données pour permettre leur intégration et leur exploitation. GOvalid et GOsuite sont configurables selon tout type de cahier des charges et prennent en charge nativement les référentiels nationaux comme les différents métiers déclinés dans la norme Covadis, le PCRS (Plan de corps de rue simplifié) et Gr@ceTHD entre autres. En résumé, GOvalid est :

  • Une plateforme « tiers de con fiance ».
  • Un point de livraison unique pour les prestataires.
  • Un outil de contrôle partagé pour les données.
  • Une traçabilité des échanges et un archivage géographique sécurisé.

 


Une nouvelle filière industrielle au service des territoires

Avec le projet Smile, les Régions Bretagne et Pays-de-la-Loire affichent leur volonté de devenir le territoire national de référence en matière de réseau électrique intelligent.

Laurent Gérault
Laurent Gérault

ENTRETIEN AVEC LAURENT GÉRAULT, CONSEILLER RÉGIONAL DES PAYS-DE-LA-LOIRE ET CONSEILLER MUNICIPAL ET D’AGGLOMÉRATION À ANGERS LOIRE MÉTROPOLE

Quels sont les objectifs du projet Smile, dédié aux smart grids ?

Le projet Smile (Smart Ideas to Link Energies) a pour ambition de créer un grand réseau électrique intelligent pour l’ouest de la France, en s’appuyant sur ses atouts industriels dans le domaine du numérique, des énergies renouvelables et de la transition énergétique. Il a été retenu lors de l’appel à projets pour le déploiement à grande échelle de réseaux électriques intelligents lancé le 15 avril 2015 dans le cadre de la solution «Ville durable » de la Nouvelle France industrielle. Notre solution associe la Bretagne et les Pays-de-la-Loire et vise à développer des démonstrateurs industriels en matière de smart grids. Brique essentielle de la transition énergétique pour la croissance verte, ces réseaux électriques intelligents se matérialisent par des quartiers à autoconsommation énergétique, des plateformes d’interopérabilité qui permettent l’échange d’informations en matière d’énergie, de contrôle et de production, ou encore le développement des véhicules électriques.

Cela concerne aussi l’usine du futur. Concrètement, pas moins de 200 entreprises sont aujourd’hui mobilisées sur ce projet représentant 220 millions d’euros de crédits fléchés (ADEME, Régions, Feder) et qui concerne donc deux régions, soit quatre départements et deux métropoles, Rennes et Nantes. En parallèle, RTE et Enedis investissent localement 51 millions d’euros au total, sur les réseaux intelligents.

1ère AG de l’Association Smile le 7 février dernier à Rennes.
1ère AG de l’Association Smile le 7 février dernier à Rennes.

Smile a également pour particularité d’être co-construit à la fois par de grands groupes, des PME et des TPE… En quoi est-ce un atout ?

Les réseaux intelligents, smart grids et smart cities, concernent bien entendu des investissements lourds sur de nouveaux transformateurs tels que ceux portés par RTE et Enedis. Mais il s’agit aussi de développer un certain nombre de process innovants – par exemple sur des projets d’autoconsommation dans les quartiers, concernant notamment des luminaires –, grâce à des PME, des start-ups. Certains appels à projets sont donc structurants et d’autres s’appuient sur des potentiels que l’on va tester localement. Nous n’opposons pas les uns aux autres. Dans chacun de nos seize ateliers, sont présents les grands groupes et les PME qui travaillent en synergie.

Ce projet témoigne-t-il de l’émergence d’une nouvelle filière industrielle au service de la transition énergétique ?

C’est le but de l’appel à projets! Nous répondons régulièrement à des appels portés par l’Ademe et les ministères concernés. Des délégations étrangères viennent constater notre savoir-faire en matière d’excellence industrielle française sur ces réseaux intelligents. Il y a un potentiel extrêmement important, que ça soit sur la cyber-sécurité ou sur la production classique d’énergie ou encore les échanges d’informations et l’expérimentation de procédés. Nous n’en sommes qu’au début mais la chance que nous avons eue en étant sélectionnés, c’est cette visibilité nationale et internationale. Nous avons pu ainsi développer, avec les collectivités locales, ces solutions innovantes qui expérimentent la ville intelligente de demain et vont faire de l’ouest de la France une terre d’émergence d’une nouvelle filière.

 


Les enjeux de la territorialisation de l’énergie vers plus d’autoconsommation et de flexibilité locale

La transition énergétique et la transformation numérique de l’économie sont intimement liées car la multiplication des sources de production d’énergies renouvelables va aussi se conjuguer avec la localisation croissante des données numériques au plus proche de leur utilisation, tant pour des raisons de sécurité que d’efficacité énergétique renforcée des infrastructures numériques.

C’est dans cette dynamique que s’inscrivent les adhérents du Gimélec en accompagnant toute la filière et les territoires avec des offres et solutions technologiques disponibles en matière de gestion active de l’énergie dans les bâtiments, de stockage de l’énergie, de boucles locales d’énergie et d’infrastructures numériques efficientes.

Le cadre juridique actuel de l’autoconsommation1 est une excellente opportunité pour les acteurs publics et privés d’investir dans des projets de bâtiments ou de quartier à énergie positive : le résultat de la dernière tranche de l’appel d’offres « autoconsommation » montre combien l’appétence du secteur industriel et tertiaire est forte pour ce type de projets, et que la trajectoire vers la parité2 est bel et bien engagée en vue d’un succès renforcé de l’autoconsommation dans les territoires. Il est à noter que les « data centers » ou « usines numériques » sont pleinement engagés dans cette tendance3 à un moment où les discussions autour de la prochaine réglementation thermique sont déjà initiées pour tendre vers une réglementation plus environnementale.

Ainsi, le cadre expérimental du label E + C – lancé par les pouvoirs publics avec le soutien des parties prenantes à l’acte de construire constitue un accélérateur d’innovation dans les territoires dès lors que les usages spécifiques de l’électricité seront désormais valorisés4. En effet, le fait d’associer les usages à la performance thermique des bâtiments neufs constitue un pas vers la mesure et la gestion de la performance réelle, et renforce ainsi le besoin pour les maîtres d’ouvrage d’une optimisation énergétique globale à l’échelle d’un bâtiment, d’un îlot ou d’un quartier à énergie positive.

C’est ainsi que l’autoconsommation déclinée à l’échelle d’un bâtiment, d’un pool de bâtiments ou d’un quartier sera à terme une source de flexibilité locale, notamment dans le cadre de projets qui toucheront les zones d’activité, les concessions aéroportuaires ou portuaires5. Leur potentiel de foisonnement des usages6 permettra de marier « production Enr » avec « maîtrise de la demande en Énergie » pour in fine offrir plus de flexibilité aux gestionnaires de réseau de distribution d’électricité7.

Enfin et pour conclure, les derniers textes relatifs aux réseaux fermés de distribution8 et au processus de qualification des services de flexibilité locale définis à l’article 199 de la LTE9 sont autant de bonnes nouvelles pour les porteurs de projets dans les territoires, et ainsi partager l’énergie et l’intelligence pour plus de résilience de notre système énergétique.

 

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-48

 

_____
1. Loi du 24 février 2017 relative à l’autoconsommation d’électricité – publiée au JO du 25 février 2017.
2. https://www.greenunivers.com/wp-content/uploads/2017/03/Analyse-AO-Autoconsommation_T2.pdf
3. https://lenergeek.com/2016/07/11/loperateur-francais-webaxys-lance-un-datacenter-100-renouvelable/
4. Voir edito «D’une réglementation thermique à une réglementation environnementale» publié le 16/12/2016 sur www.batiactu.com
5. Voir à titre d’illustration pour les ports: INNOVATIVE GREEN TECHNOLOGIES FOR A SUSTAINABLE HARBOUR. E-Harbours towards sustainable, clean and energetic innovative harbour cities in the North Sea Region _2012_program Pure Energy Intereg IVB –
6. La mixité des usages entre le tertiaire, l’activité industrielle et le logement.
7. Enedis desservant 95% de la population métropolitaine.
8. À venir, le décret d’application pour les réseaux fermés d’utilisation en application de l’ordonnance éponyme.
9. À venir, le décret d’application pour les services de flexibilité locale.

 


Quelle gestion intelligente des espaces publics en ville ?

En 2050, 65% de la population sera urbaine. Comment opérer la mutation des villes en France pour garantir aux générations futures des ressources énergétiques suffisantes et propres, de la mobilité agile et durable, de la sécurité, du développement économique, un environnement protégé, en un mot, pour garantir un cadre de vie de qualité ?

Dès aujourd’hui, les élus doivent imaginer la ville idéale qui répondra aux défis économiques, sociaux et écologiques auxquels ils vont devoir faire face. Un peu partout en Europe, des solutions techniques ou organisationnelles émergent. Affaiblissement des finances publiques oblige, ces solutions demeurent partielles. Ici des habitats participatifs, là des serres urbaines, encore ici des transports doux, des logements chauffés aux énergies renouvelables…

Cette plateforme digitale s’appuie sur les réseaux de communication pour collecter les données de la ville publique, du citoyen, des entreprises, des écoles …

 

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-50PARTENAIRE DES VILLES, BOUYGUES ENERGIES & SERVICES PARTICIPE ACTIVEMENT À CETTE RÉFLEXION CITOYENNE

Afin d’aider les villes à rendre leur ville plus attractive et les accompagner vers une gestion plus efficace de leurs espaces publics, Bouygues Energies & Services a développé une plateforme de gestion des espaces publics innovante.

Cette plateforme de gestion des espaces publics des villes concerne aussi bien les infrastructures urbaines (éclairage public, signalisation technique lumineuse, bornes d’accès, vidéoprotection, mobiliers urbains, système de sonorisation, réseaux haut débit…), que les bâtiments publics avec tout leurs composants mais aussi le patrimoine environnemental avec la faune et flore. Par ses fonctionnalités, cette plateforme digitale répond à des enjeux majeurs pour la ville :

  • Connaître son patrimoine, le valoriser dans ses actifs, savoir ce qu’il coûte, déterminer s’il est utile.
  • Réduire les coûts de fonctionnement de la ville et notamment les consommations énergétiques. On ne peut maîtriser que ce que l’on peut mesurer. Aussi, la plateforme permet de remonter un ensemble d’informations déterminantes du fonctionnement d’un bien. L’analyse de ces informations aide les villes à optimiser leur fonctionnement, mettre en place des usages différents, définir les économies à dégager. Typiquement, la télégestion d’un parc d’éclairage public va conduire à la réduction des consommations électriques et des coûts de maintenance tout en réduisant les nuisances lumineuses.
  • Retrouver de la capacité d’investissement. Les gains économiques de fonctionnement, dégagés grâce à l’usage de cette plateforme, pourront être utilisés en investissements.
  • Apporter une vision du développement urbain et du fonctionnement de la ville pour aider à la prise de décision. La ville pourra ainsi s’appuyer sur les données retraitées de la plateforme pour décider où ouvrir une école ou une piscine, où créer un abri bus ? Comment prévenir des inondations ? Comment développer le marché du tourisme… etc.
  • Rendre efficace le service public. Une ville est organisée autour de plusieurs services qui naturellement se coordonnent dans les actions de tous les jours, entre eux mais aussi avec des services extérieurs : police, pompiers, hôpitaux… La plateforme peut contribuer fortement à améliorer l’efficacité de ces services. Exemple en cas d’accident en ville : la plateforme peut être paramétrée pour créer un focus sur le lieu de l’accident grâce aux caméras et, dans le même temps, prévenir les services de santé, alerter les services techniques de la ville géo localisés qui interviendront très vite pour sécuriser l’installation détériorée ainsi que la police pour sécuriser le périmètre. Les ambulances et véhicules de police ou des services techniques sont priorisés vers le lieu de l’accident ou vers l’hôpital. Le trafic routier est réorienté par des panneaux à messages variables ou des messages smartphone ou des journaux électroniques d’informations pour éviter la congestion des routes…
  • Apporter de la transparence dans la gestion de la ville et du dialogue avec les usagers. La ville sait à tout moment ce qui se passe sur son territoire. Elle dispose de tableaux de bord avec des indicateurs pour suivre ses consommations énergétiques, suivre les interventions des entreprises avec qui elle a conclu des contrats, référencer des événements survenus et les réponses données aux questions des usagers. Ces derniers peuvent également réagir et donner leur perception d’un projet, d’un événement…
  • Créer de nouveaux services aux usagers. Par les multiples capteurs connectés à la plateforme, des applications vont pouvoir être développées en faveur par exemple de la mobilité transmodale, de la qualité de l’air…
  • Cette plateforme digitale s’appuie sur les réseaux de communication pour collecter les données de la ville publique, du citoyen, des entreprises, des écoles… Elle est avant tout un outil pour la ville qui reste maître de ses choix et peut ainsi créer un écosystème réellement vertueux, riche de nouveaux usages.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-51ADAPTER LA VILLE AUX ÉVOLUTIONS SOCIÉTALES

Les débats d’experts mettent régulièrement en avant l’urgence de quitter un modèle basé sur la mono fonctionnalité, la ségrégation sociale et le tout voiture. La ville de demain doit pouvoir s’adapter aux évolutions de la société.

« Il faut concevoir des villes où l’on donne la possibilité aux habitants, non pas d’être des consommateurs passifs, mais d’être des co-créateurs de valeur ajoutée » a déclaré Navi Radjou, co-auteur de L’innovation frugale.

« Le numérique révèle de nouvelles pratiques territoriales, notamment autour de l’innovation ascendante, celle qui provient des citadins » a indiqué* Marine Albarede, responsable pour la Fondation Internet nouvelle génération (Fing) du programme « Alléger la ville ».

La plateforme Bouygues Energies & Services a été développée sur une approche urbaine nouvelle, partenariale et collaborative, à partir de son expérience d’exploitant d’infrastructures urbaines et de bâtiments publics.

Cette plateforme répond à ce besoin d’innovation ascendante sur les territoires. « Cette nouvelle technologie n’a d’autre limite que celle de notre imagination! Il y a des milliers d’usages à imaginer pour tous les acteurs que sont les villes, les collectivités au sens le plus large, les citoyens, les entreprises, les associations, les écoles… pour aller vers des villes modulaires, adaptables et attractives » explique Frédéric Galloo, directeur des services à la ville chez Bouygues Energies & Services.

 DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-54-1

BOUYGUES ENERGIES & SERVICES, L’INNOVATION PARTAGÉE

Opérateur intégrateur urbain au service de la communauté, Bouygues Energies & Services propose dans toutes ses offres une solution complète, de la conception à l’exploitation. Cette plateforme digitale de gestion des espaces publics issue d’un travail collaboratif au service des villes, est une parfaite illustration des valeurs et de l’adn de l’entreprise « l’innovation partagée».

 


Les données comme leviers de changement Entretien avec François de Rugy, Député de Loire-Atlantique

Outil nécessaire aux décideurs, l’interprétation des données sur les flux en temps réel constitue la pierre angulaire de la conception d’une stratégie de gouvernance locale. Mais ces informations elles-mêmes font parfois l’objet d’un certain scepticisme de la part des citoyens.

François de Rugy
François de Rugy

La connaissance des flux dans une ville en temps réel est-elle un facteur de meilleure gestion des services publics locaux ?

Oui incontestablement, et je pense d’ailleurs que tout ce qui contribue à la bonne connaissance des données, que ce soit celles qui concernent les consommations d’énergie ou d’eau, mais aussi les circulations, etc., constitue un levier essentiel pour conduire un certain nombre de changements. Quand on n’a pas une vision claire et précise des situations, et plus précisément de ce que l’on consomme, de ce que l’on dépense, on ne peut concevoir une stratégie de changement qui soit à la fois adaptée aux besoins et aux objectifs qu’on s’est fixés. Je l’ai souvent dit, la transparence ne concerne pas seulement le domaine financier : elle doit également prévaloir au sujet des données, car c’est un levier de changement. Beaucoup du conservatisme et de l’inertie vient du fait que les situations ne sont pas assez bien connues ni des décideurs ni de la population. Ou alors, lorsque les décideurs ont connaissance d’un certain nombre de données, ils ne sont pas forcément prêts à partager celles-ci avec les citoyens, et encore moins l’analyse et les constats qu’ils font à partir de ces informations. Par ailleurs, avoir les données en temps réel, ce que permettent les outils technologiques actuels, donne la possibilité d’infléchir une stratégie au fur et à mesure de sa mise en oeuvre.

Bien entendu, cela ne doit pas conduire à faire l’économie du débat politique nécessaire avant les choix, et cela ne dicte pas non plus ces choix, car ceux-ci ne s’imposent pas d’eux-mêmes. Il faut également résister à la dictature de l’immédiateté ! En effet, une donnée instantanée et donc ponctuelle ne vaut pas grand-chose si elle n’est pas réintégrée dans une perspective de temps plus long.

Quels sont les exemples intéressants dans ce domaine ?

En ce qui concerne l’énergie, tant au niveau des particuliers que des collectivités, la connaissance des flux est encore parcellaire. On a quelques informations mais pas de gestion globale ni de suivi sur un temps suffisamment long. Néanmoins cette connaissance est plus répandue dans les entreprises privées, qui ont voulu davantage avoir une vision réelle et en continu des consommations d’énergie pour pouvoir faire des économies. Mais en ce qui concerne les collectivités, cette situation ne contribue pas à leur permettre d’avoir une maîtrise efficace des consommations. Alors qu’aujourd’hui on est capable de dire que tel investissement va produire telle économie de fonctionnement, ce n’est pas encore un raisonnement généralisé que d’évaluer un investissement à l’aune du coût de fonctionnement à venir, notamment en matière énergétique.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-56

Je pourrais également vous donner d’autres exemples sur les transports, un domaine que je connais bien pour m’en être occupé pendant sept ans à Nantes en tant qu’adjoint au maire et vice-président de la Communauté urbaine, donc à l’échelle d’un bassin de vie de plus de 600 000 habitants. Beaucoup de gens parlent des problématiques de transport sans intégrer les données… On reste alors dans ce que j’appellerais une perception subjective, voire des généralités ou des idées reçues, alors qu’on a les outils qui permettent d’objectiver les situations. Je suis souvent frappé, encore aujourd’hui, de voir que ces informations, lorsqu’elles existent, ne sont pas partagées. Un certain nombre de personnes sont même parfois dans le rejet et cela explique pourquoi certaines expertises sont contestées. La parole publique officielle et les statistiques sont parfois englobées dans ces doutes. Je pense que notre époque est marquée par un certain scepticisme quand ce n’est pas carrément de la défiance et que dans cette logique, les données ne sont pas toujours considérées comme vraies ou objectives. Bien sûr, personne n’est à l’abri d’une erreur, mais si cette contestation est un postulat, cela devient inquiétant.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-57Quels enjeux sont liés aux données numériques, notamment en matière de protection de la vie privée ?

Les principaux enjeux, on le voit bien, concernent les capacités à agréger les données (le big data). Cela pose le problème de la transparence (l’open data) et d’un autre côté, la question de l’utilisation des données personnelles. On le voit avec le compteur intelligent de nouvelle génération Linky qu’Enedis met progressivement en place chez les particuliers : un certain nombre de gens pensent qu’on veut ainsi les espionner et qu’il s’agit d’une intrusion dans leur vie privée ou encore que c’est un moyen de manipulation commerciale ou économique. Nous sommes là entre des préoccupations légitimes (quelles sont les limites de l’open data ? Qui a accès à quelles données ?) et des attitudes de soupçon permanent et généralisé, et particulièrement accentuées, paradoxalement, vis-à-vis des institutions publiques. En effet, certains confieraient plus facilement des données personnelles à une entreprise privée, dans le cadre de relations commerciales – Facebook agrège en permanence des données sur plus d’un milliard d’individus dans le monde et cela ne semble gêner personne ! – sont très réticents dès qu’il s’agit d’une institution publique.

Dans ce cadre, les collectivités ont-elles intérêt à s’appuyer sur un partenaire pour monter un projet ?

Oui cela peut être utile si cela peut contribuer à crédibiliser la démarche et dans la mesure où les rôles de chacun (collectivités, associations citoyennes, entreprises privées, etc…) sont clairs. Une collectivité territoriale n’a pas nécessairement, en interne, les ressources et les compétences nécessaires pour mettre en place ce type de projet. C’est d’autant plus vrai si l’on regarde cela sous l’angle de la protection des données : il est nécessaire que des spécialistes, y compris de la sécurité informatique, soient mis à contribution pour à la fois mener à bien un projet de ce type, mais aussi garantir à tous, et en premier lieu aux administrés, que leurs données ne pourront être détournées.

C’est cette répartition des rôles, entre techniciens et décideurs au service des usagers et des administrés qui est la garantie de réussite de ces projets. La suspicion peut être dure à lever, et le sera encore plus si des projets mal menés et mal sécurisés viennent jeter un doute sur l’ensemble des programmes qui impliquent la collecte de données. Les experts sont donc indispensables, tout comme les garde-fous – je pense notamment au travail mené par la CNIL sur ces sujets – pour assurer la réussite des projets et pouvoir expliquer, en tant que décideurs, l’utilité de ces données de flux pour mieux penser nos villes et mieux les adapter au 21e siècle.

 


Aubinges éclaire mieux

L’éclairage public représente le premier poste de consommation d’électricité d’une commune. Comment rationaliser ce poste, dans une commune rurale ? L’exemple d’Aubinges, au nord de Bourges, est intéressant.

Aubinges a installé il y a trois ans, un dispositif particulièrement économe. La présence d’un usager sur la voie publique est détectée via des capteurs magnétiques ; le niveau d’éclairage est ensuite adapté en fonction de son passage, qu’il soit en voiture, à vélo ou à pied. Les luminaires ont été équipés de leds (Light Emitting Diode, ou diode électroluminescente), qui se sont répandues dans les collectivités territoriales. Réputées économes en énergie, elles passent également très rapidement d’un éclairage minimum de sécurité à un éclairage maximum, ce qui permet d’adapter la quantité de lumière délivrée selon les conditions ambiantes. Le syndicat de l’énergie du Cher croit beaucoup en cette technologie. Car, on le sait, l’éclairage public coûte cher ; jusqu’à 40% de la facture d’électricité d’une collectivité. On voit bien ainsi l’utilité de réduire le budget nécessaire.

 

37 pylônes leds ont été installés avec une attention particulière aux intersections où le temps d’allumage est supérieur afin de tenir compte de l’arrêt des véhicules.

 

24_ingenierie_Mise en page 1

Aubinges est ainsi l’un des premiers villages de France à avoir installé un éclairage public intermittent. L’allumage des lampadaires repose sur un système à double détection de présence : l’un sur le pylône, l’autre à l’entrée de la route. Ces faisceaux infrarouges détectent les mouvements et déclenchent l’allumage des ampoules leds.

C’est la société Citeos sous la marque Lumière et Équipements Urbains de Vinci Energies qui a conçu l’installation. 37 pylônes leds ont été installés avec une attention particulière aux intersections où le temps d’allumage est supérieur afin de tenir compte de l’arrêt des véhicules. L’ancien parc à lampes au mercure consommait énormément ; il était temps de le remplacer, le maire d’Aubinges, Jean-Paul Roblet dit ne pas avoir trop hésité avant d’engager ces travaux. La commune en a profité pour enfouir les réseaux et c’est le syndicat de l’énergie du Cher qui a payé le système de détection, soit environ 15000 euros.

Olivier Crouzet, directeur régional Vinci Energies France Centre Ouest explique : « Au lieu de remplacer l’éclairage vieillissant par de l’éclairage classique, nous incorporons de nouveaux équipements intelligents. Le surcoût que cela représente est amorti par les gains d’économies d’énergie entre 7 et 10 ans d’utilisation, sachant que les infrastructures ont une durée de vie de 25 ans ». Il précise : « Pour la ville, cela représente 60% de gain d’énergie ».

Un exemple qui montre qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’une forte concentration urbaine pour mieux éclairer.

LA TÉLÉDÉTECTION POINT PAR POINT À AUBINGES

Citeos a installé pour le Syndicat d’énergie du Cher (SDE18), et en partenariat avec le fabricant Comatelec, la télédétection sur 33 luminaires dans deux rues d’Aubinges. C’était alors le premier projet en France sur voies de circulation de cette ampleur, avec une combinaison de deux technologies de détection et la complexité de plusieurs points d’entrée et sortie. Le système fonctionne par combinaison de plusieurs systèmes :

  • 5 radars de détection aux carrefours et entrées/sorties d’agglomération.
  • 33 Luminaires à LED équipés de capteurs infrarouges détectant le passage effectif de l’objet et de noeuds communicants pour information aux autres points lumineux.
  • 6 réglages d’éclairement possibles.
  • Éclairage à 20 % de la puissance nominale en l’absence de véhicule.

    Sources : journal des communes durables-décembre 2015, Citeos, SDE18

 


Éclairage public, le choix d’un avenir plus intelligent

Aujourd’hui, environ 50% de la population mondiale vit dans des environnements urbains. D’ici 2050, ce chiffre passera à 70%. Comatelec Schréder, conscient de cette transformation, évalue constamment les défis à relever pour concevoir des villes plus intelligentes dotées d’une faible empreinte carbone.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-60LA LED : LE POINT DE DÉPART POUR MAÎTRISER SES DÉPENSES

L’éclairage public des collectivités représente près de la moitié de la consommation d’électricité des collectivités territoriales. La première étape pour maîtriser ses dépenses publiques et concilier économies d’énergie et développement durable, est le passage à la LED. La LED permet de diminuer la puissance consommée d’une installation de l’ordre de 50% tout en respectant la norme 13201.

LES SYSTÈMES INTELLIGENTS : AUTONOMIE ET ÉCONOMIES D’ÉNERGIE ALLANT JUSQU’À 85%

L’usage de la technologie LED permet d’utiliser des systèmes intelligents (capteurs de présence, de trafic) qui modulent l’éclairage des points lumineux en fonction de l’heure, de la détection de présence de véhicule ou d’usager.

Grâce à la création de profils nocturnes, de trains de lumière dynamique, le gestionnaire peut lui-même paramétrer la mise en veille de son installation en cas d’absence d’usager. Dès qu’un piéton, cycliste ou véhicule est détecté, le niveau d’éclairage repasse instantanément à la puissance initiale. Ces solutions intelligentes garantissent la sécurité des usagers, permettent de réaliser des économies d’énergie allant jusqu’à 85% et prolongent la durée de vie de l’installation. Tous nos systèmes intelligents sont paramétrés directement sur chaîne en réponse aux besoins de nos clients.

LA TÉLÉGESTION : CONTRÔLER À DISTANCE SON INSTALLATION

Les fonctionnalités intelligentes peuvent également être gérées à distance au travers de notre gamme de solutions de contrôle Owlet. Ces solutions de contrôle Owlet permettent de disposer en temps réel d’informations sur ses luminaires. Le gestionnaire peut ainsi à tout moment prendre le contrôle de son installation, définir lui-même les niveaux d’éclairement en fonction de la fréquentation de son site, suivre en direct sa consommation d’énergie et la durée de vie des sources lumineuses. Cet outil rend les gestionnaires autonomes pour planifier leurs investissements et leurs opérations de maintenance.

24_ingenierie_Mise en page 1

L’ÈRE DE L’IOT : TRANSFORMER LA VILLE EN TERRITOIRE INTELLIGENT

Pour aller encore plus loin et connecter l’éclairage à d’autres services, Comatelec Schréder a lancé sa nouvelle plateforme Owlet IoT. Ce système de contrôle intelligent sophistiqué et convivial, permet aux villes d’entrer dans l’ère de l’internet des objets (IoT).

Cette solution plug-and-play, avec son processus de mise en service automatique, ne nécessite aucune intervention de paramétrage.

Les contrôleurs de luminaires sont montés sur une prise universelle NEMA 7 broches liée au système Owlet IoT. Ainsi, la position de chaque luminaire est détectée de manière automatique (GPS). Le système repose sur un réseau local communicant maillé entre les luminaires et les capteurs (MESHNET), et une transmission cellulaire (GSM – IPv6) avec les serveurs distants. La communication par radiofréquence entre les «acteurs» locaux permet une réaction instantanée aux déclencheurs d’événements (détection de mouvements ou de présence entre autres). La communication cellulaire permet d’échanger les informations avec le système central.

La plateforme Owlet IoT de Comatelec Schréder permet de connecter les infrastructures urbaines entre elles. Owlet IoT est la solution innovante pour la ville de demain.

La société Comatelec Schréder créée en 1951, est membre du groupe Schréder qui réunit 48 sociétés réparties sur 4 continents. Nous concevons et développons des solutions intelligentes qui transforment les espaces publics et privés en environnements sûrs, confortables, durables et intelligents. Nous sommes le partenaire unique, de la conception aux services après-vente pour l’éclairage, les systèmes de contrôle et autres fonctions intelligentes (vidéosurveillance, Wifi, chargeur de véhicule électrique).

 


Une nouvelle approche des services urbains Entretien avec Marion Glatron, Directrice Déléguée INNOVATION et SMART CITY à Rennes Métropole

Rennes est une ville pionnière en matière d’open data, depuis 2010. Aujourd’hui, Rennes Métropole développe, porte, participe ou incite au développement de nombreux projets relevant d’une approche renouvelée de la ville et des services urbains.

Marion Glatron
Marion Glatron

Comment ont été mises en place les évolutions de Rennes Métropole en matière de smart city, avec quel pilotage ?

Lorsqu’il est porté par des industriels, le concept de smart city désigne les technologies permettant d’optimiser les services urbains et d’en réduire les coûts, notamment par l’observation, la captation et l’analyse de variables et de comportements. Avec la croissance urbaine et les enjeux climatiques et énergétiques, cela représente un marché considérable et un formidable potentiel de croissance pour nombre d’entreprises, grands groupes, PME et start-up.

Pour Rennes Métropole, comme pour beaucoup de villes, la smart city comprend certes ce premier aspect, mais aussi le recours aux technologies numériques pour outiller et diffuser une expertise citoyenne, avec un fort enjeu de participation à la construction des données et de leur utilisation. Le focus porte au moins autant sur les enjeux de citoyenneté et de participation à l’élaboration de biens communs que sur la recherche de performance des services.

Rennes Métropole développe, porte, participe ou incite au développement de nombreux projets relevant d’une approche renouvelée de la ville et des services urbains, que l’on qualifie de smart city. La multiplicité de ces projets a conduit les élus à mettre en place, en avril 2015, un comité de pilotage permettant de croiser les regards et les approches, et de s’accorder sur les orientations à donner à ces projets qui sont la plupart du temps transversaux, mêlant mobilité et numérique, transition écologique et développement économique, économie circulaire, pratiques collaboratives et data… La réorganisation des services de la métropole en octobre 2015 a été l’occasion de réunir, au sein de la direction de l’économie, de l’emploi et de l’innovation, trois services directement concernés par ces évolutions et ces projets : le service transition énergétique et écologique, le service enseignement supérieur et recherche, et le service numérique. Mais bien entendu, les coopérations ne s’arrêtent pas aux portes de la direction déléguée qui m’a été confiée : nous travaillons au quotidien avec la direction des systèmes d’information, avec le service d’information géographique, le service de l’innovation numérique, la direction des déchets, la direction des transports, la direction des infrastructures, le service international Europe etc.

Les domaines concernés par la ville intelligente sont nombreux : eau, air, déchets, mais aussi bâtiment et consommations énergétiques… quels sont les enjeux, et les projets de Rennes Métropole dans ce domaine de façon générale ?

Les enjeux du développement de la ville intelligente sont vastes, et recoupent l’essentiel des politiques publiques de la métropole : favoriser l’accueil d’une population en croissance tout en restreignant la consommation de foncier, inciter au développement des énergies renouvelables, accompagner les acteurs dans la maîtrise de leurs consommations énergétiques, utiliser les nouvelles technologies pour mener des concertations avec les habitants et pour donner à voir les projets urbains…

Rennes se veut un territoire d’expérimentation, favorable aux solutions portées par des entreprises locales et testées sur le territoire. C’est le sens du dispositif Rennes Saint-Malo Lab, mais aussi de notre participation à Smile, un projet de déploiement de solutions de smart grids portés par les régions Bretagne et Pays de la Loire, pour des projets plus matures. La dimension d’expérimentation et de prototypage est aussi fortement présente dans le LabFab, réseau territorial de fablabs auquel Rennes Métropole apporte son soutien. On la retrouve également dans le plan local de l’habitat, qui favorise l’expérimentation sur de nouvelles formes de construction, ou encore avec la mise au point d’une carte multiservice sur le support de la carte de transports en commun, en développant une technologie normalisée au niveau national et garantissant la protection des données personnelles. Nous expérimentons enfin sur le rôle de la collectivité dans le déploiement d’un réseau dédié à l’Internet des objets et avons depuis plusieurs années un bureau des temps. Bref, nous ne manquons pas de projets dans les différents secteurs d’intervention de la collectivité.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-63Ces innovations pourront-elles supporter, demain, de nouveaux services ? Lesquels ?

Il est certain que de nouveaux services vont apparaître. Il est probablement encore un peu tôt pour les décrire. Tout au plus peut-on les imaginer : des services plus individualisés, proposés par une plus grande diversité d’opérateurs, et qui mettront l’accent sur la complémentarité des solutions (offre de transport public /offre de mobilité collaborative / services d’aide au calcul des solutions les plus adaptées à chaque cas).

Les objectifs du service public ne vont probablement pas beaucoup changer. Il s’agira toujours de préserver l’intérêt général, et de permettre un contrôle citoyen sur les décisions de la collectivité. C’est un ressort fondamental de la démocratie. Ce qui en revanche peut changer, c’est la façon dont ces objectifs seront atteints. Les innovations sont certes techniques et technologiques. Elles ouvrent aussi un champ des possibles assez large sur la méthode de construction des politiques publiques, intégrant le partage de la compétence et de l’expertise, l’expérimentation, les prototypes, les modèles contributifs. Il est probable que la collectivité publique demain multiplie ses types d’intervention en sortant des postures les plus fréquentes aujourd’hui, celle de producteur de services ou de commanditaire à des entreprises, dans le cadre de délégations de services publics ou de marchés cadrés.

Cela interroge sur les modèles de responsabilité, mais aussi de financement des services publics. À qui revient-il de les produire ? Qui décide de leur caractère d’intérêt général ? Quels sont leurs modèles économiques ?

 

« La dimension d’expérimentation et de prototypage est aussi fortement présente dans le LabFab, réseau territorial de fablabs auquel Rennes Métropole apporte son soutien.»

Se pose aussi la question de la gestion de ces données liées à ces services ; quelle est l’éthique définie dans ce domaine ? Seront-elles proposées à des sociétés privées sous certaines conditions ?

La donnée, et la maîtrise de la donnée, constituent des éléments centraux de notre approche des services publics de demain. Nous n’envisageons donc pas a priori de confier ces données à des sociétés privées, car nous estimons que maîtriser la donnée est nécessaire pour garantir à tous la qualité des services publics, l’égalité d’accès, le caractère désintéressé de ces services. Pour ce faire, il nous appartient d’affirmer que, sur son territoire, la métropole peut jouer un rôle d’instance organisatrice et régulatrice des échanges de données. Cela ne consiste pas à se replier sur nos propres données, bien au contraire.

Parce que nous sommes dans un monde où la donnée circule, où les producteurs et les utilisateurs de données sont multiples, il nous semble fondamental que la préparation des services de demain, les réponses aux attentes de l’intérêt général, soient construites avec nos partenaires, et avec les acteurs du territoire. Il faut établir des modes d’échanges et des façons d’opérer qui permettent à tous de s’enrichir de ses données et de celles des autres, de mieux piloter nos politiques publiques, de mieux dessiner les services qui seront proposés. C’est en ce sens que nous entendons développer un service public métropolitain de la donnée.

À Rennes, nous avons déjà une certaine expérience dans ce domaine, puisque nous sommes une ville pionnière en matière d’open data, depuis 2010, et avons entraîné dans cette démarche quelques partenaires importants tels que Ouest France, l’Insee, les acteurs culturels et Citedia. Nous entretenons également depuis le début des années 2000 des bases de données géographiques en 3D qui sont alimentées et enrichies par les services de la métropole, et sur la base desquel les un partenariat avec Dassault Systèmes s’est construit, qui fait du territoire un des démonstrateurs industriels de la ville durable sur lesquels l’État compte dans sa représentation extérieure. Et nous pouvons compter sur un écosystème réactif et porteur d’innovation, avec de nombreuses entreprises, grandes et petites, des start-up et des structures d’accompagnement efficaces. Nous entendons ainsi allier défense de l’intérêt général, modernisation du service public et développement économique local.

 


Quelles solutions innovantes pour le bâtiment de demain ? Entretien avec Frédéric Pauly, Chef de projet expérimentation, Technopole Rennes Atalante

Rennes Atalante, avec Rennes Métropole et Engie Axima, a lancé un appel à projets pour identifier les solutions innovantes du bâtiment de demain.

Frédéric Pauly
Frédéric Pauly

Pourquoi cette initiative ?

Dans le contexte de la COP21, et des stratégies de développement des «smart cities », l’enjeu était d’identifier les start-up capables de fournir des solutions innovantes pour penser le bâtiment de demain. L’appel à projets vise à identifier et soutenir le développement d’outils ou de services numériques. Il s’agit de tester ces solutions en situation réelle pour améliorer la supervision du patrimoine via des objets connectés dans le but d’optimiser son fonctionnement (énergétique, usages, sécurité, coût global) ; il s’agit également de faciliter la communication vers les occupants et développer la sensibilisation écocitoyenne ; une autre priorité est d’améliorer la structuration de la donnée pour faciliter la prise de décision par les exploitants ; il s’agit enfin de développer des platesformes d’échanges destinées aux industriels du territoire, aux résidents d’un bâtiment et aux personnes de passage dans celui-ci.

Quel sera dans ce cadre l’apport d’Engie Axima ?

Outre un accompagnement financier de 1500 euros, Engie Axima pourra identifier des terrains de jeux d’expérimentation pour l’entreprise lauréate. Ce sera également une première référence pour l’entreprise sélectionnée et une occasion pour elle, d’être identifiée dans les différentes entités du groupe.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-65

Les lauréats ont été sélectionnés en 2016, quelle sera l’aide dont ils bénéficieront ?

La start-up Wi6Labs, experte en réseaux de capteurs intelligents et sécurisés, et la PME Alkante, spécialisée dans le traitement de données, sélectionnées à l’issue de l’appel à projets lancé en juin 2016, vont rapidement développer une solution pilote avec Engie Axima auprès d’un de ses clients de la métropole rennaise. Elles vont concevoir des solutions de suivi et d’optimisation des consommations énergétiques et des applicatifs liés au confort dans les bâtiments (température, bruit, qualité de l’air…) et à la maintenance prédictive.

 

wi6labs.com a été créée en juin 2014 à Rennes. Anciens salariés de Renesas Electronics, groupe japonais de semi-conducteurs pour téléphones portables, les dirigeants de la start-up ont souhaité exploiter les potentialités liées à l’internet des objets. Interviewé dans le magazine Challenges, en 2016, Ulirch Rousseau, l’un des deux fondateurs, a souligné « Les premiers objets connectés l’ont été en wifi, Bluetooth et GSM. On a eu l’idée de concevoir des capteurs compatibles avec les deux technologies de très basse consommation et longue portée dédiés aux objets connectés, LoRa et Sigfox ». Ils ont ciblé dans ce cadre deux priorités, la ville intelligente et le secteur de l’agriculture.
La start-up conçoit les capteurs, exporte la donnée dans un cloud, puis initie des partenariats avec d’autres startup ou des sociétés spécialisées dans le big data.

 


Le BIM, une révolution pour le monde du bâtiment

Engie Axima, filiale du groupe Engie, travaille autour du thème du BIM depuis plusieurs années afin de faire face à la double transition énergétique et numérique. Le BIM (Building Information Modeling) n’est pas simplement une maquette numérique 3D de conception construction d’un bâtiment : il s’agit d’une base de données active, évolutive, en lien permanent avec la vie du bâtiment.

Jean-Pascal de Peretti
Jean-Pascal de Peretti, président directeur général d’Engie Axima

La révolution numérique a entraîné une transformation des métiers d’Engie Axima de trois manières : l’intégration des critères de vie, de coût et de performance du bâtiment dès la phase de conception ; la gestion de la donnée ; les problématiques de cyber-sécurité. Une Direction déléguée au numérique a été mise en place en avril 2016 au sein d’Engie Axima afin d’accélérer l’intégration des nouveaux outils de conception, planification et partage d’informations techniques. Étant donné l’importance des enjeux énergétiques pour le bâtiment, elle travaille en étroite collaboration avec la direction efficacité énergétique & environnementale et innovation (D3Ei). Elle a également tissé des partenariats avec des acteurs extérieurs tels que des start-up afin de profiter de leur savoir-faire en matière de traitement des données.

Utilisé par les pays anglo-saxons et nordiques et par les secteurs de l’industrie et l’aéronautique depuis plusieurs années, le BIM est utilisé depuis peu dans le secteur du BTP en France. Actuellement, entre 30 à 40 % des professionnels du bâtiment utilisent cet outil et la moitié d’entre eux envisagent d’effectuer une formation dans ce domaine. Jean-Pascal de Peretti, président directeur général d’Engie Axima, explique que le BIM est « un saut technologique mais également une nouvelle manière de manager les projets en co-conception et en partage d’informations. Le fait de travailler transversalement est à la fois fédérateur et structurant. Chacun de nos services peut exploiter les données qui lui sont utiles et capitaliser sur les données fournies par les autres corps d’état. La maquette s’enrichit des informations de chacun. C’est pertinent et stimulant. Cela nécessite aussi de réfléchir aux problématiques de normalisation. Nous avons monté un groupe de travail BIM en interne et nous participons à des groupes de réflexion externes ».

OPTIMISER LES PERFORMANCES DES BÂTIMENTS

Le BIM Life par Engie Axima vise à prédire les performances futures d’un bâtiment et à modifier son fonctionnement pour s’adapter à ses utilisateurs et à son contexte. Présent tout au long de la durée du projet, il s’agit d’une représentation fidèle dans la dimen sion géométrique performancielle et fonctionnelle du bâtiment et de ses systèmes, qui prend en compte les changements extérieurs tels que la météo et intérieurs tels que les usages ou le comportement des occupants.

Jean-Pascal de Peretti souligne que « la récupération et l’incrémentation des données du bâtiment représentent de nouveaux éléments d’aide à la décision pour optimiser la performance des systèmes. En captant des informations documentées et à jour, nous sommes non seulement plus réactifs dans les choix techniques que nous opérons, mais nous sommes aussi plus pertinents dans l’anticipation et l’optimisation. Nous pouvons connaître précisément l’empreinte environnementale des installations, mieux estimer les consommations, mieux gérer les flux ».

Le BIM offre de nombreux avantages à ses utilisateurs : réduction des délais, maîtrise des coûts, baisse du coût global, augmentation de la durée de vie du bâtiment et valorisation patrimoniale.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-69

 

Gilles Duroux, directeur de la stratégie, l’innovation et la performance d’Engie Axima, précise : « Le BIM rend visuel le mouvement et l’activité d’un bâtiment. En faisant un lien entre le virtuel et le réel, il permet d’avoir accès et de comprendre un bâtiment dans ce qu’il a de plus complexe. Et parce qu’il permet de capter, stocker et restituer des données,il fait baisser les coûts. Mais au-delà de cela, il permet de valoriser un bâtiment dans le temps. En cas de revente, il est une illustration, pour ne pas dire une preuve, de la vie du bâtiment, de ses mises à jour, de son état. Une illustration virtuelle, fidèle à la réalité du bâtiment. Dans l’évaluation d’un bâtiment, le BIM est un élément important, impactant et structurant, de la valorisation d’un bien. C’est un avantage de plus à son actif ».

Daniel Molle, directeur délégué stratégie et innovation au pôle maintenance d’Engie Axima estime qu’avec « des documents constamment à jour, accessibles par les opérateurs de maintenance en temps réel, le BIM permet une maintenance encore plus performante et réactive. Le lien numérique entre CAO/ GMAO/ GTC fédère les métiers de la conception, de l’installation, et de la maintenance autour d’un ouvrage de meilleure qualité pour un coût global optimisé».

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-67DES PROJETS D’ENVERGURE GÉRÉS EN MODE BIM

Engie Axima a déjà participé avec succès à plusieurs projets utilisant le BIM, tels que la Philharmonie de Paris, l’ITER, le Data Center BNP Paribas, l’ENS Saclay et le tribunal de grande instance de Paris.

Il s’est également associé avec l’agence Coste Architectures qui a obtenu le BIM d’Or 2014 pour le projet du centre aquatique de Saint- Nazaire. Selon Emmanuel Coste, architecte et président de l’agence Coste Architectures, « Engie Axima est sensibilisée grâce à sa vocation et sa spécialité technique. Elle a intégré le changement structurel, culturel et sociétal que le BIM induisait. Le BIM révolutionne vraiment le monde du bâtiment. Comme nous, Engie Axima a fait le choix de se projeter et d’avancer, d’être une locomotive dans son domaine. Concernant le centre aquatique de Saint-Nazaire, notre collaboration en mode BIM apporte de la transparence et des échanges plus efficaces. Les équipes d’Engie Axima ont modélisé l’ensemble de leur partie technique sur notre maquette, les échanges entre les deux parties ont été fluides et très bien gérés ».

 


Descartes 21, des démonstrateurs industriels pour la ville durable

Le projet Descartes 21 a été sélectionné fin 2015 dans le cadre de l’appel à projets « démonstrateurs industriels pour la ville durable ». Il sera mis en oeuvre à la Cité Descartes, située sur la commune de Champs-sur-Marne, à Marne-la-Vallée, sur 100 000 m² autour de la future gare multimodale de Noisy-Champs. Un exemple emblématique.

ENTRETIEN AVEC PAUL MIGUEL, PRÉSIDENT DE LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION PARIS-VALLÉE DE LA MARNE ET JEAN-BAPTISTE REY, DIRECTEUR GÉNÉRAL ADJOINT D’EPAMARNE

Descartes 21 en tant que démonstrateur industriel vise à développer une plate-forme de services urbains pour répondre aux enjeux de transition énergétique, de mobilités durables, de mieux vivre en ville et de gestion des données. Pouvons-nous présenter la démarche de façon synthétique ?

Jean-Baptiste Rey
Jean-Baptiste Rey

Jean-Baptiste Rey : Il s’agit d’une réponse apportée par Marne-la-Vallée à l’appel à manifestation d’intérêt «Démonstrateur industriel pour la ville durable » conjoint entre le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, le ministère du Logement et de l’Habitat durable ainsi que la Caisse des dépôts.

L’objectif qui sous-tend Descartes 21 est rendu possible grâce à un partenariat d’innovation public privé, représenté par un consortium constitué de leaders dans les domaines de la ville durable, qui assure un suivi des grands enjeux du projet grâce à l’expertise de Bouygues énergie et services, la RATP, Embix, Capgemini, Idex et Enedis. Le comité de coordination du consortium regroupe un aménageur public, l’Eparmane et un coordinateur privé, Linkcity. Pour l’ensemble de ces industriels, il s’agit d’une réelle opportunité de création de synergies entre leurs savoir-faire pour développer les innovations de la ville de demain.

La Caisse des dépôts a validé en octobre 2016 six fiches-actions du projet Descartes 21, pour lesquelles elle accorde un des plus hauts montants de subvention de l’ensemble des projets lauréats.

Trois thématiques sont prioritaires dans ce cadre : les mobilités durables, mieux vivre en ville, et la transition énergétique. Différentes échelles sont appréhendées dans les études Descartes 21, du bâtiment au quartier existant et futur. Les innovations se concentreront dans un îlot d’environ 100 000 m² qui constituera l’amorce pour la mise en oeuvre opérationnelle des projets.

Pourquoi cette initiative et avec quel calendrier ?

J.-B. R : Après plusieurs projets d’innovation réussis sur le secteur Descartes et au-delà sur Marne-la- Vallée, tels des smarts grids, boucles courtes de réseaux d’énergie, bâtiments à haute performance énergétique, etc., il nous parait nécessaire désormais d’appréhender une plus large échelle urbaine avec une nouvelle ambition en termes d’innovation et de gouvernance, tant pour l’investissement que pour l’exploitation, et en alliant des financements publics et privés. Le conventionnement avec la CDC, signée en mars 2017, lancera une série d’études pilotées par les partenaires du consortium. Les solutions industrielles seront mises en oeuvre entre 2018 et 2020 à la Cité Descartes mais nous souhaitons développer dès la première année des initiatives visibles sur le territoire.

 

« Réussir Descartes 21 sera la preuve que nous méritons ce titre de principal moteur de recherche de la ville durable. »

 

Paul Miguel
Paul Miguel

Paul Miguel : Je reviens sur la nouvelle gouvernance que vient d’évoquer Jean-Baptiste Rey. Pour les questions énergétiques et de la mobilité, notamment, le projet nous permettra d’expérimenter, en tant que collectivité, de nouvelles approches de gouvernance territoriale. En effet, dans sa conception, Descartes 21 – si le projet ne dévie pas dans son ambition –, fera émerger, non seulement, de nouvelles formes de conception et de gestion collaboratives des actions engagées, mais il facilitera aussi la passation des marchés publics et nous permettra d’optimiser notre stratégie dans ce domaine.

Il allie des innovations technologiques – stockage d’électricité, borne de recharge sur candélabre, navettes autonomes – en matière de gouvernance – implication des habitants, nouvelle gouvernance avec la collectivité notamment. Pouvons-nous évoquer plus précisément ses implications liées directement au bâtiment ?

J.-B. R : Depuis l’appel à projet de 2015, les ambitions de notre démarche ont été précisées en concertation avec les membres du consortium et les élus du territoire. Les réflexions sur la gouvernance restent concentrées sur la mise en place d’une « copropriété énergétique » à l’échelle du quartier, organisée autour d’une société de projet constituée entre des acteurs publics et privés, en conformité avec les objectifs de la Loi de transition énergétique.

Par ailleurs, les partenaires souhaitent mettre à disposition des habitants des innovations techniques et d’usages qui favorisent les économies d’énergie, la mobilité active et le confort des espaces publics. Ces objectifs se retrouvent dans 6 fiches actions retenues par les ministères en octobre 2016 : réduction de la facture énergétique, conception d’un hub de mobilité, solutions innovantes pour la réduction des coûts des infrastructures énergétiques, ingénierie de projet d’innovation du DIVD, gestion intelligente des données sur le territoire, diagnostic intelligent et partagé (éclairage, acoustique, etc.)

P. M.: Au-delà des innovations technologiques et des avancées « écologiques » de Descartes 21, ce qui m’intéresse dans le projet, c’est son aspect social, non seulement ce qu’il apporte aux habitants, en matière de confort et de développement durable, mais aussi la dynamique d’habitants/acteurs de la vie collective qu’il ambitionne de mettre en place à l’échelle d’un bâtiment ou d’un quartier. C’est un peu, si j’ose la comparaison, un volet complémentaire, technico-pratique, de ce que Paris-Vallée de la Marne va mettre en place au niveau de la démocratie participative, dans le cadre de son projet de territoire. Descartes 21 ne pourra fonctionner que si les habitants sont effectivement impliqués. C’est dans son programme et c’est un élément très gratifiant.

 

Descartes 21

En quoi pourra-t-il apporter des innovations inédites, quels sont les modèles et références dans ce domaine en France et à l’étranger ?

J.-B. R : Descartes 21 bénéficie d’un des plus hauts niveaux de subventions, permettant la valorisation des savoir-faire pour la ville durable en France comme à l’international. Descartes 21 s’attachera à garantir l’efficience, la pérennité, et la réplicabilité des innovations. Nous associons des start-up de l’incubateur Greencity (situé dans la Cité Descartes) pour développer, par exemple, un projet de monitoring participatif des logements ou des équipements publics visant à la réduction de la facture énergétique par la mise en place d’une tarification individuelle incitative, ou encore, le déploiement de bornes d’alimentation électrique vélo et voiture sur candélabre…

P. M. : L’ambition de Descartes 21 est de promouvoir l’autoconsommation et la mutualisation dans les trois domaines de la gestion de l’énergie, de la mobilité et de la vie de quartier. Cela signifie que les innovations et les techniques adoptées permettront des gains financiers, à terme, pour les habitants – ce qui est essentiel – mais aussi pour le prestataire de services qu’est la communauté d’agglomération sur son territoire. Ces gains compenseront largement, sur la durée, les investissements directs que Paris-Vallée de la Marne engagera dans le projet.

Descartes 21Bouygues Energies Services et un groupement d’industriels français Epamarne, Linckcity, Bouygues énergies et services, RATP, Embix, Capgemini, Enedis et Idex soutiennent ce projet… De son côté, le partenariat institutionnel associe, notamment la communauté d’agglomération de Paris-Vallée de la Marne. En quoi s’agit-il ainsi d’un dossier majeur pour le territoire ?

P. M. : La nouvelle communauté d’agglomération Paris-Vallée de la Marne regroupe 227 000 habitants et 12 communes. Elle est la plus peuplée de Seine-et-Marne et occupe une position territoriale stratégique, en entrée Est de la Métropole du Grand Paris. Descartes 21 est un enjeu majeur, un grand témoin et un grand champ d’expérimentations dans le domaine de la « Ville durable ». Le fait qu’il soit développé à la Cité Descartes n’est pas anodin puisque ce cluster est celui de la «Ville durable », avec 25 % de la recherche française spécialisée. Il est, lui-même, le fer de lance et la vitrine technologique et d’innovations de Paris-Vallée de la Marne.

Réussir Descartes 21 sera la preuve que nous méritons ce titre de principal moteur de recherche de la ville durable. Cela donnera de la crédibilité et de la notoriété à la communauté d’agglomération en dehors de ses frontières. Âgée d’un an seulement, Paris-Vallée de la Marne a besoin de se faire connaître. Une remarque, pour conclure, en tant que président : la communauté d’agglomération, dans ses forces vives et ses capacités en R&D, ne se limite pas à la Cité Descartes. J’aimerais donc que quelques-unes des expérimentations mises en oeuvre entre 2017 et 2019, le soient, si possible, ailleurs, ou simultanément, qu’à Descartes/Champs-sur-Marne, dans d’autres communes de l’agglomération. Cela donnerait une identité plus large au projet Descartes 21 et améliorerait encore la cohérence de notre territoire en matière de recherche et d’innovations.

 


Transformer les villes et enrichir la vie des habitants

Schneider Electric conçoit, au plus près des utilisateurs, les technologies pour la ville intelligente et forme ses partenaires EcoXpert pour les mettre en oeuvre.

ENTRETIEN AVEC JIMMY DANSOU, DIRECTEUR RÉGIONAL ÎLE-DE-FRANCE DE SCHNEIDER ELECTRIC, ET ARIELLE MEYER, RESPONSABLE DES PROGRAMMES PARTENAIRES

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-89

 

Jimmy Dansou
Jimmy Dansou

Quelle est votre analyse des enjeux concernant la ville intelligente pour les collectivités territoriales ?

Jimmy Dansou : Aujourd’hui, les citoyens attendent des collectivités qu’elles leurs apportent de plus en plus de services. Nombreuses sont les agglomérations à s’inscrire dans cette dynamique de villes intelligentes afin d’améliorer la qualité de vie de leurs habitants. Au-delà de la technologie, ce sont les enjeux environnementaux eux-mêmes qui sont aujourd’hui fondamentaux et ont fait l’objet d’une prise de conscience accrue, non seulement des pouvoirs publics mais aussi des individus. Devenir une ville intelligente est un facteur d’attractivité, on le voit par exemple avec l’image de Paris et la région Ile-de-France à l’international qui inclut cette dimension de ville digitale, intelligente et efficace du point de vue de l’énergie et de la mobilité.

Comment Schneider Electric se positionne-t-il pour relever les défis que vous venez d’évoquer ?

J.D. : Acteur des territoires numériques, Schneider Electric propose les solutions de la ville intelligente. Nous développons et fabriquons des technologies connectées qui permettent de transformer des communes en villes intelligentes. Pour soutenir cette dynamique, nous proposons par exemple des infrastructures de gestion de la donnée fiables : des data-centers de nouvelle génération… Leur avantage ? Beaucoup plus petits et décentralisés, ils permettent un traitement des données plus rapide au plus près des utilisateurs, au coeur des villes et notamment dans les bâtiments publics.

La ville intelligente, c’est aussi, les bâtiments intelligents. Il s’agit pour Schneider Electric d’apporter toutes les solutions qui permettent d’accroître leur efficacité opérationnelle (dont la performance énergétique et l’aide à l’exploitation multi-technique) tout en maintenant le confort de leurs usagers. Nous sommes capables d’aller plus loin : les bâtiments intelligents sont ouverts vers l’extérieur et vont pouvoir interagir à l’échelle d’un quartier.

Arielle Meyer
Arielle Meyer

Comment accompagnez-vous, sur le terrain, une filière que vous soutenez depuis de nombreuses années, pour mettre en oeuvre ces différentes solutions auprès des collectivités ?

Arielle Meyer : Pour mettre en oeuvre ses solutions, Schneider Electric s’appuie sur son réseau de partenaires EcoXpert, un ensemble de sociétés locales qui ont été formées et certifiées. Elles sont nos relais sur le terrain pour promouvoir, concevoir et mettre en oeuvre toutes ces solutions intelligentes. Depuis 2010, Schneider Electric forme continuellement ses partenaires aux nouvelles technologies afin de rendre concrets les besoins de performance énergétique et du traitement décentralisé de la donnée. Pour un client tel qu’une collectivité c’est donc un réel avantage. Par ce partenariat, il peut ainsi bénéficier de la garantie et de la pérennité d’un constructeur comme Schneider Electric, ainsi que de la réactivité et la flexibilité des EcoXperts insérés dans le tissu local. Aujourd’hui nous avons 312 partenaires certifiés en France, capables d’accompagner les collectivités, pour les aider à mettre en place les solutions innovantes qui font les villes intelligentes.

 


Optimiser la gestion des déchets

Les outils numériques trouvent également des utilisations intéressantes dans le domaine de la gestion des déchets ménagers.

Nicolas Daragon
Nicolas Daragon

ENTRETIEN AVEC NICOLAS DARAGON, MAIRE DE VALENCE ET PRÉSIDENT DE LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION VALENCE-ROMANS AGGLO

Comment analysez-vous les enjeux pour les collectivités en matière de gestion des déchets ?

Les collectivités sont entrées dans une nouvelle ère. Nos administrés souhaitent un service optimisé et mieux adapté aux besoins des territoires, qui peuvent être variés à l’échelle de notre agglo. Les objectifs principaux recherchés sont, outre le respect des réglementations, l’équité de service entre les usagers, la préservation de l’environnement, l’augmentation des performances de tri, et enfin la maîtrise des coûts. Les atteindre nécessite une évaluation continue de l’action proposée, la mise en oeuvre de projets et d’actions correctives, une communication adaptée et incitative auprès des usagers.

Comment réduire le volume annuel de déchets ? En quoi les outils numériques peuvent-ils être utiles dans ce cadre ?

La réduction du volume annuel de déchets passe par deux types d’actions. Il s’agit de développer la prévention : compostage individuel et collectif, sensibilisation au gaspillage alimentaire, réemploi des objets favorisé. Il s’agit aussi parallèlement de créer une redevance spéciale. L’idée est d’inciter les producteurs à repenser la gestion de leurs déchets pour limiter l’impact financier de cette redevance. Cela se traduit mécaniquement par une baisse des tonnages produits et une augmentation de la valorisation.

S’agissant des outils numériques, nous avons initié différentes mesures visant à gagner du temps dans le traitement des déchets: dématérialisation des documents; développement de réseaux d’échanges ou de vente d’objets et de matériaux ; sensibilisation de la population via les réseaux sociaux notamment; optimisation des circuits de collecte par l’utilisation du GPS ; amélioration du suivi de l’activité.

DOSSIER-VILLE-INTELLIGENTE_IT24-92LA REDEVANCE INCITATIVE

En France, certaines collectivités territoriales ont mis en place une redevance incitative. Elle consiste à faire payer les usagers du service de gestion des déchets selon les quantités qu’ils produisent. C’est le principe « pollueur payeur ». Ce système, en plein essor en France depuis 2010, est promu dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015, et concerne aujourd’hui 5 millions d’habitants selon l’Ademe. Sa mise en place a surtout pour objectif de réduire les volumes de déchets et donc la fréquence des collectes, mais également de maîtriser les coûts de gestion. Elle contribue à la responsabilisation des usagers et à l’amélioration des performances des collectes séparées avec la valorisation des déchets (compostage…). La collectivité doit faire des choix techniques pour le type de collecte et la façon de comptabiliser les quantités ramassées.

Il existe deux dispositifs de collecte : en porte à porte ou en apport volontaire.
Deux techniques numériques permettent de comptabiliser les apports. Tout d’abord, le bac à la « levée » : l’informatisation des bacs et des bennes de ramassage permet le décompte des bacs présentés. Ce dispositif implique des investissements mais il encourage à trier ses déchets et à ne sortir le bac que quand il est plein, ce qui permet d’optimiser les circuits de collecte. Ensuite, la pesée du bac : ce système est coûteux à l’installation et à l’usage, il nécessite d’équiper chaque bac avec des puces et chaque benne avec un dispositif de pesée. Mais il est très incitatif et transparent. De plus, l’approche numérique permet d’analyser en continu les résultats de la collecte. Forts de ces éléments, il est possible de mettre en oeuvre des axes d’optimisation, permettant de stabiliser les coûts de collecte.