Accueillir chez soi un enfant confié à la protection de l’enfance n’est pas seulement un engagement familial : c’est un véritable métier, exercé par des assistants familiaux agréés, formés et salariés. En 2026, une nouvelle réforme de la protection de l’enfance veut renforcer ce modèle d’accueil, améliorer les conditions de travail et sécuriser davantage le parcours des enfants. Attention toutefois : au 5 octobre 2026, le texte adopté par l’Assemblée nationale doit encore être examiné par le Sénat. Agrément, accueil relais, formation et accompagnement : voici les changements prévus en pratique.
Sommaire
Un agrément d’assistant familial plus encadré et davantage contrôlé
Le projet de loi veut professionnaliser encore le métier d’assistant familial. Aujourd’hui déjà, toute personne souhaitant accueillir des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance doit obtenir un agrément délivré par le département. La réforme prévoit une évaluation plus précise des capacités éducatives, affectives et professionnelles, distincte des seules caractéristiques matérielles du logement. L’agrément des assistants familiaux serait davantage adapté aux besoins réels des enfants confiés, notamment selon leur âge, leur santé et les caractéristiques du domicile.
Le texte envisage également un contrôle périodique des assistants familiaux, au moins tous les trois ans, afin de vérifier que les conditions de sécurité, de santé et d’épanouissement restent réunies. Cette évolution accompagne une formation professionnelle renforcée, indispensable pour faire de l’accueil familial un véritable travail social spécialisé. L’assistant familial serait aussi davantage intégré à l’équipe éducative, en travaillant avec un professionnel référent autour du projet de l’enfant.

L’accueil relais pourrait enfin faciliter le repos des familles d’accueil
Le travail d’une famille d’accueil se poursuit jour et nuit. Lorsqu’un enfant vit en permanence au domicile, organiser un repos devient particulièrement difficile. Le projet de loi veut donc développer l’« accueil relais », destiné à prendre temporairement en charge les enfants pendant les congés ou temps de repos de l’assistant familial.
L’accueil relais permet une continuité de la protection sans rompre brutalement les repères de l’enfant. Dans le texte adopté par l’Assemblée nationale, plusieurs principes sont prévus :
- un accueil relais généralement inférieur à trois jours consécutifs ;
- une durée pouvant atteindre cinq semaines par an pour permettre des congés ;
- un agrément spécifique possible pour les assistants assurant uniquement ces relais ;
- le recours, autant que possible, au même assistant relais.
Ce dispositif doit compléter l’accueil principal, et non le remplacer. Pour le professionnel, les questions de contrat, de rémunération et de conditions d’exercice resteront centrales ; comprendre ses droits dans le contrat reste donc utile dans ce métier au statut particulier. Le repos mensuel des assistants familiaux pourrait ainsi devenir réellement applicable, là où l’absence de solution pour l’enfant le rend aujourd’hui parfois difficile à organiser.

Formation et protection de l’enfance : quelles évolutions pour le métier ?
Depuis 2025, le parcours professionnel comprend un stage avant l’accueil du premier enfant puis une formation en alternance conduisant au diplôme d’État d’assistant familial. L’objectif est d’apprendre à accompagner l’enfant dans sa vie quotidienne, son développement, ses relations familiales et son projet individuel. Le projet de loi 2026 veut aller plus loin. La formation pourrait intégrer davantage la psycho-traumatologie, les violences intrafamiliales et les violences sexuelles, des réalités auxquelles les professionnels de la protection de l’enfance sont régulièrement confrontés.
Cela confirme que la famille d’accueil n’est pas seulement une alternative à un établissement ou à un village d’enfants : elle constitue un dispositif professionnel de protection sociale. Les assistants et assistantes familiales doivent travailler avec éducateurs, psychologues, services départementaux et autres acteurs de l’État. Le cadre légal du travail devient donc essentiel pour comprendre l’évolution du métier.
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Émilie Garcia est juriste spécialisée dans le droit du travail, elle éclaire les questions légales complexes et rédige des articles accessibles pour tous.